Dentifrice solide maison

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J’ai longtemps été adepte du célèbre dentifrice spécial-dents-blanches-efficacité-prouvée. Ah la pub de Shakira aux dents éclatantes m’a fait tellement rêver ! Mais moi, ce que j’ai gagné avec ce dentifrice, ce n’est pas 60 millions d’albums vendus, mais plutôt un email dentaire fragile et des dents devenues très sensibles –‘ Ce qui a finalement arrangé une autre marque me proposant son super dentifrice spécial-dents-sensibles-approuvé-par-les-dentistes. Puis, j’ai regardé la liste des ingrédients, j’ai rien compris. Je me suis renseignée, j’ai flippé, et je l’ai viré.

Plus tard, je suis tombée sur plusieurs études dont celle de Greenpeace en 2005 (ici) et celle du magazine Que choisir (2003) qui répertorient les ingrédients toxiques fréquemment retrouvés dans nos cosmétiques, souvent détracteurs endocriniens, allergènes, et polluants par dessus le marché. Bref, puisque dans ma bouche ou sur ma peau, je préfère savoir ce que j’y mets, alors j’ai décidé de me lancer dans la fabrication de mon propre dentifrice. Solide donc sans déchet, qui plus est !

J’ai tâtonné, j’en ai d’abord fabriqué un avec des ingrédients que j’avais sous le coude. Il s’est avéré carrément dégueu. Mais je ne me suis pas dégonflée, j’ai continué de chercher et j’ai découvert cette recette. J’en suis tombée amoureuse.

La voici…

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Ingrédients 

[Alors, oui quelques-uns des ingrédients sont commandés sur internet (sur des sites comme ici ou ), en terme d’empreinte carbone, c’est moyen.. Je m’en confesse. Mais avec une seule commande, j’ai suffisamment de quantité pour me fabriquer des dentifrices pendant au moins un an et demi!]

10 g d’huile de coco (disponible en magasin bio)

10 g d’argile verte en poudre (disponible en magasin bio)

50 gouttes d’huile essentielle de menthe poivrée (disponible en magasin bio)

30 g de carbonate de calcium (disponible sur internet. C’est un ingrédient naturel connu pour son pouvoir abrasif doux)

20 g de tensio-actif solide SCI (disponible sur internet. Il permet de faire mousser, ce qui n’est pas indispensable en soi, mais important tout de même, question d’habitude)

Matériel

1 bol

1 casserole

1 cuillère

1 petite balance

1 petit moule à muffins en silicone

Recette

Faire fondre au bain-marie l’ensemble des ingrédients sauf l’huile essentielle

Hors du feu, rajouter l’huile essentielle

Mélanger la préparation

La placer dans le moule et bien la tasser

Mettre le moule au congélateur un petit quart d’heure

Démouler et installer dans une petite coupelle

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Utilisation: Il suffit de mouiller sa brosse à dents puis de la frotter un peu sur le dentifrice solide. La mousse opérera dans votre bouche puis passez votre langue sur vos dents, vous les sentirez toutes lisses !

Coût : Argile verte 500g : 3,50 euros; Tensio-actif SCI 50g : 1, 70 euros; Carbonate de calcium 250 g : 1, 50 euros; Huile essentielle de menthe poivrée 10ml : 3, 20 euros; Huile de coco 100ml : 4,20 euros.

Donc, une dose de dentifrice comme celle-ci, (qui vous durera au moins deux mois et demi, voire plus), coûtera environ 1,50 euros.

Temps: environ 10 mn

Pour aller plus loin:

Je vous donne rendez-vous les copains & copines sur mon article Ma Salle de Bain : Minimaliste, Zéro déchet, Zéro pétrochimie ! plein de petites astuces à partager.

Copain comme cochon

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Après avoir rédigé un article sur la réalité des conditions d’élevage des animaux  finissant dans nos assiettes, je vous propose ici de voir les choses sous un angle différent. J’aimerais vous présenter d’un peu plus près, un charmant [petit] être qui vaut bien plus qu’une tranche de jambon. J’ai nommé…. (roulements de tambours…) … Monsieur Cochon ! (Un tonnerre d’applaudissement pour lui s’il vous plait!)

Monsieur Cochon, qui est-il ? Est-il aussi sympathique et sensible que notre chien chéri ? Jusqu’à quel point est-il intelligent ? Du calme, du calme, je vais vous le présenter…

Fort comme un porc

Il y a environ 9000 ans, des sangliers ont été domestiqués dans plusieurs endroits du monde. Ils ont donné naissance aux sangliers domestiques, que nous surnommons communément « cochon » ou « porc ». (D’ailleurs, les sangliers et les cochons sont parfaitement interféconds!)

Sans s’étendre sur l’apparence, Monsieur Cochon a un physique plutôt avantageux. Il a 44 dents, 4 doigts à chaque patte, et un zizi en tire-bouchon. Il pèse en moyenne 150 kg, mais peut atteindre parfois les 300 kg, pour une taille moyenne d’un mètre de haut, et 90 à 180 cm de long. Côté régime, il tient à ce qu’il soit varié et équilibré, et se régale de feuilles, de tiges, de racines, de tubercules, de fruits, de fleurs, de graines, de champignons, d’œufs, d’escargots, de limaces… Et puis, c’est un sportif, faut pas croire. A la course, il se mesure facilement à Usain Bolt (environ 45km/h), et à la nage, il n’est pas pourri non plus. A ce propos, il existe une tribu de cochons sauvages sur une petite île des Bahamas, surnommée « Pig Island » en leur honneur, qui nagent et profitent de la plage. Son espérance de vie est d’environ 25 ans (en liberté, j’entends bien).

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Monsieur Cochon a un odorat aussi développé que le chien. Il parvient à sentir une odeur à quelques centaines de mètres, lui permettant d’identifier un individu, en savoir son sexe, son statut reproductif voire même son statut social. Son ouïe est aussi très bien développée: Monsieur Cochon peut repérer la direction d’un son avec une marge d’erreur de seulement 5°, et entend même certains ultrasons. Quant à son acuité visuelle, c’est correct mais ne casse pas trois pattes à canard. Disons que, comme beaucoup de mammifères, il ne différencie pas bien les couleurs (il est surtout sensible au vert et au bleu).

Monsieur Cochon apprécie prendre des bains de boue pour se protéger des puces et du soleil, ce qui lui a littéralement sali sa réputation, et passe du coup pour un crado. Alors que pas tout ! Il est même plutôt propre ! Il aime la baignade et fait ses besoins dans des endroits déterminés, loin du coin dodo et du coin resto. Enfin, ça, c’est quand tout se passe bien pour lui; mais ce comportement lui est évidemment impossible dans un élevage lorsqu’il est confiné dans des espaces très réduits avec ses confrères dont le sol est grillagé pour ses besoins, juste à côté de la mangeoire.

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Esther, une truie recueillie par Steve Jenkins et Derek Walter, un couple américain.

Un être intelligent…

Monsieur Cochon a une mémoire d’éléphant. Il use de son excellente mémoire spatiale pour se rappeler où poussent ces délicieux champignons qu’il a fouiné. Mais lorsqu’il les a tous mangés, il sait prendre en considération la vitesse de renouvellement des ressources et comprend bien qu’il est plus judicieux d’attendre un peu avant d’y retourner. Contrairement à sa vie en élevage où il se réfère à sa mangeoire dès que la faim pointe son nez. Monsieur Cochon a aussi une très bonne mémoire épisodique, c’est à dire celle des événements particuliers associés à un contexte émotionnel et spatio-temporel.(Kouwenberg et al., 2009)

« Il y a ainsi de bonnes preuves scientifiques prouvant que nous devons repenser l’opinion que nous avons des porcs. » Lori Marino, neuroscientifique.

Une étude scientifique de l’Université Emory d’Atlanta a révélé que les cochons sont à considérer comme des êtres vivants d’une grande intelligence. D’ailleurs, certains tests démontrent qu’ils ont un Quotient Intellectuel parfois supérieur à celui des chiens, et des chimpanzés. (Et des Humains aussi, non? Oh ça vaaa, j’arrête…).

Monsieur Cochon sait reconnaître des symboles, résoudre des problèmes, et même se reconnaître dans un miroir ce qui révèle une réelle conscience de soi. Monsieur Cochon est aussi très joueur, il apprécie parfois les jeux de ballons (Imfeld-Mueller et Hillmann, 2012)… et même certains jeux vidéo !

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Mais Monsieur Cochon sait aussi faire preuve de stratégie, ou d’intelligence sociale, comme le raconte L214: « Une jeune truie se dirige vers une source de succulentes racines, quand elle croise la femelle dominante de son groupe, plus massive qu’elle et connue pour lui chiper régulièrement de la nourriture. Au lieu d’aller jusqu’à l’emplacement des racines et creuser (à portée visuelle de sa rivale), elle poursuit son chemin dans une autre direction. Plus tard, quand la rivale s’en est allée, elle revient chercher les racines. » Les éthologues appellent ce comportement « l’intelligence machiavélienne » quand elle consiste à tromper autrui. « Ce genre d’anecdotes ont été reproduites en laboratoire, dans des labyrinthes où de la nourriture est cachée aléatoirement chaque matin. Un cochon explore seul les lieux au préalable. Ce cochon informé de l’emplacement des cachettes développe des stratégies pour ne pas « vendre la mèche » au cochon rival qu’on fait déjeuner avec lui, et qui, au bout de plusieurs déjeuners, comprend que le cochon informé en sait plus que lui (ou du moins constate, sans savoir pourquoi, qu’il a plus de succès que lui), et tente de savoir où sont les cachettes en l’observant. Le cochon informé se met à chercher la nourriture quand le rival regarde ailleurs, ou quand ils sont séparés par un panneau opaque. Certains cochons informés révèlent même une cachette de nourriture peu intéressante et vont manger le contenu d’une autre cachette plus riche pendant que le rival est occupé. En compagnie d’un cochon ami (dont ils savent qu’il ne leur chipera pas de nourriture), les cochons informés ne mettent en œuvre aucune stratégie de dissimulation (Mendl & Nicol, 2009) ».

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… Et sensible en plus !

Monsieur Cochon est un être social et sociable. Il se complaît à vivre en groupe. A l’état sauvage, il y a les truies et les petits de l’année d’un côté, et les verrats d’un autre, entre mecs quoi. Enfin sauf pendant la période de reproduction ! A ce moment là, Monsieur Cochon squatte volontiers chez les dames, et plus si affinités. Au sein des groupes de cochons, il y a une hiérarchie qui semble dépendre du poids. Entre eux, ils savent se reconnaître individuellement jusqu’à même pouvoir faire la distinction entre deux cochons qui ont un air de famille même s’ils ne se sont jamais vu auparavant (Špinka, 2009).

Les cochons communiquent beaucoup par l’ouïe et l’odorat. Ils ont d’ailleurs, une vingtaine de cris différents à leur répertoire. Les mâles en particulier, sécrètent des phéromones, qui peuvent parfois donner à leur chair une odeur déplaisante au goût des consommateurs. C’est pourquoi, dans les élevages, les mâles sont généralement castrés. (Et sans anesthésie évidemment).

L’altruisme et l’empathie de nos amis les chiens ne sont plus à prouver, mais Monsieur Cochon n’est pas en reste. Non seulement, il sait faire preuve d’empathie avec ses congénères, mais il n’est pas si rare de voir des comportements similaires envers d’autres espèces, et notamment envers l’Homme. (Il n’est même pas rancunier Monsieur Cochon…). C’est ainsi que nous pouvons entendre des anecdotes similaires à l’histoire de Lulu, un cochon « nain » vietnamien qui a su arrêter un automobiliste pour le ramener auprès d’une certaine Jo Ann victime d’une crise cardiaque en 1998, en Pennsylvanie.

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Lulu et Jo Ann

Bref, intelligent, sensible et empathique, Monsieur Cochon a tout pour lui. Alors, aux copines en quête de prince charmant, ouvrez l’œil, il est au rayon boucherie….

Pour aller plus loin:

Je vous encourage vivement les copains et les copines à visionner les vidéos suivantes afin de changer définitivement votre regard sur Monsieur Cochon et les autres, si ce n’est pas déjà fait :celle-cicelle-là,  celle-ci aussi,  et pourquoi pas celle-là. Ah, j’oubliais… et celle-ci, si le cœur vous en dit …

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[Vive les cochons, et vive les cornichons ! ]

Tu veux que je t’aide à couper ta viande ?

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Les copains, les copines, c’est la nouvelle année tout ça, et en plus vous êtes sympas. J’aurais aimé vous préserver encore un peu, et continuer de vous amuser autour de sujets légers, mais l’heure n’est plus à la rigolade. Je n’arrive plus à garder ces informations pour moi ni taire ma colère grandissante. Il est donc temps de vous sachiez, comme moi la vérité… Sur ce qu’il se passe derrière une tranche de jambon, un steak, un yaourt, un œuf, ou une cuisse de poulet. Et autant vous dire que la réalité est EXTRÊME-MENT moins glamour que nos jolies publicités. Car, 95% de ces animaux qui finissent dans nos assiettes n’ont pas connu la douceur de l’herbe, les tendres caresses des éleveurs ni même la couleur du ciel. Ils n’ont pas connu non plus le bonheur, l’amour, la liberté, la dignité, le respect, ni la considération.

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Quelles sont les réalités des conditions d’élevage ?

Consommer, c’est cautionner; manger c’est donc choisir, ça, je ne manque jamais une occasion pour le dire. Encore faut-il avoir les vraies informations pour choisir en toute connaissance de cause, voire en toute conscience. Et c’est là, les copains que je me permets d’intervenir ici, si vous me le permettez. (Vous ferez ensuite ce que vous voudrez de ces informations, bien évidemment.) En cela, j’aimerais vous raconter la vie type des animaux destinés à finir dans nos assiettes. Les informations suivantes sont issues du livre No steak, du journaliste Aymeric Caron, (2013, à partir de la p. 104).

La vie d’une vache…

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« Première chose simple à comprendre : Pour fournir du lait, une vache laitière doit avoir un veau. Elle est donc inséminée (artificiellement) une première fois, lorsqu’elle a un peu plus d’un an. La gestation dure neuf mois. Quand le veau naît, il est retiré à sa mère au bout d’un jour ou deux, ce qui représente une expérience traumatisante : la vache ne supporte pas la séparation d’avec son petit et meugle parfois des jours durant pour le réclamer (il faut dire que dans la nature, un veau peut téter sa mère jusqu’à huit mois). Le veau enlevé à sa mère sera nourri avec des substituts, tandis que le lait sera récupéré pour nous, les humains. (Logique, non?!). La vache sera de nouveau fécondée trois mois après chaque vêlage. Elle est également traite pendant sa grossesse, hormis les deux derniers mois.Elle produit ainsi du lait pendant dix mois, soit une moyenne de 4000 à 8000 L par an. Le chiffre peut monter jusqu’à 12000 L pour certaines vaches Holstein. Il faut se rappeler qu’il y a 60 ans, une vache traite à la main donnait en moyenne 2000 L de lait. La surproduction imposée peut entraîner le développement de malformation du pis. Une vache a en moyenne trois à six veaux avant d’être « réformée », c’est-à-dire envoyée à l’abattoir pour finir en steaks. »

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« Et le veau, que devient-il entre-temps? Il est placé dans un box individuel, souvent sur le sol nu, sans litière, pour un période allant jusqu’à huit semaines. Au delà, la loi impose désormais que les veaux soient élevés en groupe. Au lieu de brouter l’herbe, le veau doit se contenter d’aliments liquides servis dans une poche en plastique. Comme les consommateurs préfèrent la viande rosée, presque blanche, les éleveurs évitent de nourrir les veaux avec du foin, car celui-ci contient du fer qui fait rougir la viande. La viande rosée est en fait, une viande anémiée. Les veaux de boucherie ne vivent pas plus de 5 mois. » 

La vie d’un cochon…

« Les truies chargées de faire des porcelets sont appelées des coches. Comme les vaches, elles sont inséminées artificiellement. Les coches sont maintenues 24h/24 dans des stalles de contention de moins d’un mètre de large, où elles ne peuvent pas bouger le temps de la gestation. Ces stalles sont répandues aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis. Depuis le 1er Janvier 2013, en vertu de la législation européenne, toutes les stalles existantes pour les truies doivent avoir été supprimées et les truies doivent être gardées en groupe au delà des 4 premières semaines de gestation. » Mais la France semble ne pas être en avance, bien au contraire selon l’association L214.

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« Les truies sont des animaux sociaux qui ne sont pas faits pour être isolés. Alors, sous l’effet du stress, elles passent une partie de leur temps à mâchonner leurs barreaux et ont parfis des gestes nerveux répétitifs. Le nombre moyen de portées par an est de 2,5. Il y a au moins 20% de pertes parmi les porcelets. Beaucoup d’entre eux meurent écrasés par leur mère, qui n’a pas assez de place pour bouger. Les truies sont souvent sous-alimentées, pour faire des économies. Elles sont réformées au bout de trois années de mise bas, et finissent dans des saucisses ou du pâté. La plupart d’entre elles sont littéralement traînées à l’abattoir, avec des treuils par exemple, parce qu’elles n’ont plus la force de marcher. » 

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« Les porcelets quant à eux, ont une existence qui commence dans la souffrance. Leur queue est coupée, leurs testicules enlevés, leurs dents limées, le tout sans aucune anesthésie évidemment. Les opérations se font dans les hurlements: la douleur des petits s’ajoute à la colère des mères. Au bout de 4 semaines […], les porcelets partent à l’engraissement. […] On trouve seulement des caillebotis, ces grillages de bois ou de plastiques qui présentent l’énorme avantage de laisser passer les déjections dans une grande fosse située en dessous de l’animal. Plus de paille à changer, donc entretien minimum -un simple coup de karcher de temps en temps. Et tant pis pour l’odeur nauséabonde, irritante, et l’air irrespirable. Et le manque de lumière. Et l’ennui toute la journée. Qui rend agressif. Chaque jour, des porcs meurent à cause de leurs conditions de « détention » avant le délai de 6 mois au bout duquel ils sont envoyés à l’abattoir. Six mois pour le cochon de viande, trois ans pour la truie reproductrice. Dans des conditions normales, un cochon peut vivre jusqu’à 20 ans. » Un peu comme nos chiens en fait…

La vie d’un poulet…

« Pour être précis sur la vie d’un poulet d’élevage intensif, il convient d’abord de distinguer les deux types d’élevage: poules pondeuses et poulet de chair. Ces deux catégories de poules sont issues de souches différentes : une souche à croissance rapide pour la viande, une souche à croissance plus lente et plus adaptée à une ponte abondante pour les œufs. »

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« Ces poules pondeuses vivent entassées à plusieurs dans des cages alignées à l’intérieur de hangars qui contiennent jusqu’à 100 000 oiseaux. Dans sa cage de batterie, chaque poule européenne disposait jusqu’en 2012 d’un espace correspondant à une feuille A4 (550cm²). Désormais, elle bénéficie officiellement d’un espace supplémentaire équivalent à… un post-it! Il va s’en dire que dans cette configuration, la poule ne peut rien faire d’autre se tenir debout sur ces pattes. Et de quelle manière: le sol est un grillage en pente. Les poules vivent dans des conditions de stress et de détresse psychologique et physique qui génèrent de la violence, et même du cannibalisme. […] Les poules vivent dans le noir (les hangars n’ont pas de fenêtre), mais des lumières électriques sont allumées régulièrement pour stimuler artificiellement la ponte, ce qui permet d’obtenir environ 300 œufs en une année soit deux fois plus que les races d’il y a 50 ans. Ce chiffre correspond aussi au total des œufs pondus dans une vie de poule: elle commence sont travail au bout de trois mois d’existence et elle est jetée à la poubelle, ou plus exactement envoyée à la réforme, au bout d’un an. Elle finit comme bouillon cube, viande pour chien ou chat, ou dans des raviolis. Compte tenu de leurs conditions de vie, les poules pondeuses sont en très mauvais état lorsqu’elles arrivent à l’abattoir (fractures, déboîtements d’aile et autres blessures) ce qui les rend impropres à la consommation directe. »

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« Passons aux poussins, maintenant. […] Dix minutes à peine après qu’ils soient sorti de leur coquille, ils sont arrachés à leur couvoirs et balancés sans le moindre ménagement dans un circuit fait de tapis roulants, de conduits, d’aspirateurs, et de trappes. Ils sont triés par « sexage ». Les femelles sont gardées pour devenir de futures poules pondeuses. Les mâles en revanche, ne sont pas intéressants, puisqu’une fois devenus coqs, ils ne peuvent ni pondre, ni être consommés, car ils sont issus d’une espèce qui ne se développe pas assez rapidement selon les standards de l’industrie. Ils sont donc tués, broyés ou gazés, à l’exeption de quelques chanceux (50 000) qui seront utilisés pour la reproduction. On estime à 50 millions le nombre de poussins tués à la naissance en France chaque année. » 

« La vie d’un poulet de chair est une vie express. Tout comme les veaux et les porcelets, ils ne connaissent qu’un lieu, une pièce dans laquelle ils sont déposés tout petits et qu’ils se quittent que pour rejoindre l’abattoir. Il s’agit d’un énorme hangar où les poussins sont déposés juste après leur naissance. Ils grandissent très vite, trop vite, et se retrouvent rapidement complètement entassés. Les poulets de chair que nous avons crées sont des espèces de monstre dont les os et les organes ne sont pas adaptés au poids des muscles, qui se développent beaucoup trop rapidement. Ils souffrent donc de problèmes pulmonaires ou osseux. Au bout d’une quarantaine de jours seulement (deux fois plus vite que les poulets bio) le poids recherché est atteint. Le produit est prêt. Direction abattoir. Une suspension par les pattes, une électrocution, et un égorgement. »

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Que pouvez-vous faire ?

* A l’instar du petit colibri qui dépose des petites gouttes d’eau sur une forêt en flammes, réalisez que vous, oui vous, chaque copain et copine qui lisez cet article, vous pouvez changer les choses, et non, vous n’êtes pas seuls. 

* Changer de regard sur ces animaux et reconnaître leur intelligence et leur sensibilité ( je renvoie à mon article Copain comme cochon).

* Ne plus cautionner, ne plus consommer pour ne plus soutenir l’exploitation ni la souffrance animales. J’aimerais avoir la sagesse de vous conseiller de seulement « en manger moins mais mieux » par crainte de vous culpabiliser, mais à ce sujet, plus j’en sais, plus je peine à nuancer, veuillez m’en excuser. En revanche, je peux vous garantir que se régaler sans viande est largement possible pour tout le monde. D’ailleurs, il existe des tas de blogs culinaires qui vous proposent de délicieuses recettes végétales (n’hésitez pas à aller faire un petit tour par ici, ou , ou encore par , voire même par ici). Je peux aussi d’une part, vous proposer ce site qui répertorie les adresses des restos végétariens de votre région, et d’autre part, vous renvoyer à mon article « Etre végét(ou)rien » qui vous explique ma démarche. Egalement, ce site répondra sûrement à toutes vos questions.

Soutenir les associations de protection animale, au courage souvent remarquable, œuvrant pour une pleine reconnaissance de la sensibilité des animaux et l’abolition de pratiques (élevages, abattoirs…). Le monde tend à changer grâce à elles, et je souhaite d’ailleurs mettre à l’honneur l’une d’entres elles aujourd’hui : la célèbre (&géniale) L214. Grâce aux dons, et à la dévotion de ses adhérents, l’association tient à rendre compte de la réalité des pratiques d’élevage et d’abattage intensif par des enquêtes filmées, des témoignages, et des études. Egalement, elle rassemble (Non, tu n’es pas seul !) et démontre les impacts négatifs d’une consommation carnée en proposant des alternatives, organise des sauvetages d’animaux, participe à des manifestations de toutes sortes, et encourage le débat public. Les photos qui illustrent cet article sont d’ailleurs extraites de leur site.

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* Transmettre le message … Il paraît que nous ne sommes qu’à 6 poignées de main du pape. Autrement dit, vous êtes à 6 degrés de séparation de n’importe quel être humain dans le monde. Alors si chacun transmet le message à toutes les personnes qu’il connaît, qui elles-mêmes le transmettent à toutes celles qu’elles connaissent, et ainsi de suite, le message aura fait le tour du monde très vite. Et nos régimes alimentaires seront enfin de vrais choix et non plus des choix par désinformation.

Alors, je compte sur vous les copains ! (Et les animaux aussi ^^)

Pour aller plus loin :

Et rendre compte de la réalité en vidéo, c’est iciiciou même iciou encore làlà aussi, et si vous en avez encore la force iciet là…

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[A tous les copains et copines qui cherchent de bonnes résolutions pour 2017… ;)]

Vive la Vie, et vive les brocolis.

Je jette l’éponge !

Comment fabriquer un Tawashi, mon éponge écologiquetawashi

Copains & Copines, savez-vous que nous consommons environ 9 éponges par an ? Et même si nous les utilisons jusqu’à leur limite extrême, nous les changeons en moyenne tous les 1 mois et demi, (concernant les éponges double-face). C’est ainsi qu’en France, en un an, 74 millions d’éponges sont jetées dans nos poubelles. Et comme nous sommes de plus en plus nombreux à nous soucier des déchets, je vous propose de vous expliquer ici comment fabriquer un Tawashi, une éponge écologique d’origine japonaise, à base de vieux collants filés.

photo-1-2Matériel :

Pour le support : Une planche, une vingtaine de clous, une équerre, un crayon à papier, et un marteau.

Pour le Tawashi : Deux collants filés, ou des manches longues de t-shirts pour enfants.

Fabrication du support:

  • Commencez par tracer un carré de 14 cm de chaque côté au crayon sur votre planche de bois à l’aide de votre équerre.
  • Sur chaque côté, faites un point à 3 cm à chacune de ses extrémités. Entre ses deux points, rajouter trois points, à 2 cm les uns des autres. (En gros, sur chaque côté de 14 cm, le premier point est à 3 cm du coin, le 2ème à 5 cm, le 3ème à 7 cm, le 4ème à 9 cm, et le dernier à 11 cm, soit à 3 cm de l’autre extrémité.)
  • Puis plantez des clous sur chacun de ces points.

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Pour un tawashi plus grand (à savoir que celui-ci est tout petit, c’est vrai… ça va que j’ai des petites mains !), n’hésitez pas à dessiner un carré plus grand (Par exemple, un carré de 18 cm de côté, vous permettra de rajouter deux clous à chaque côté, tout en respectant le même principe 3cm d’un coin -5cm-7cm-9cm-11cm-13cm-15cm soit 3 cm de l’autre coin).

Pour le Tawashi :

  • Commencez par découper vos collants par tranche de 10 cm dans le sens de la largeur des mollets.

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  • Insérez vos bandes de collants dans un sens, entre deux clous.

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  • Faîtes la même chose dans l’autre sens, en tissant avec les bandes précédemment installées, soit en alternant au dessus – en dessous, …
  • Et pour finir, (attention, c’est le plus délicat de l’opération !Hihi), il vous faut rabattre les mailles en passant un anneau dans celui d’à côté.

  • Passez-y ensuite le prochain, et ainsi de suite jusqu’à ne garder qu’un seul anneau pour accrocher votre tawashi au dessus de votre évier ou le garder à votre poignet pendant que vous faîtes la vaisselle.

Et … TADAM !

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Je sais, vous vous demandez « Ok, mais pour le côté grattant?! », et bien, il paraît que des coquilles d’œufs mixées jusqu’à la texture poudre aurait un petit côté exfoliant très intéressant. Personnellement, je n’ai pas encore testé, et reste fidèle à mon éponge grattoir en métal pour les récurages difficiles en attendant. Je vous tiendrai au courant dans cet article quand ce sera le cas.

J’espère que mes explications n’ont pas été trop brouillonnes. Il me reste à vous remercier de m’avoir suivie cette année dans cette blogaventure et vous souhaiter à tous, une très belle nouvelle année.

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A très vite copains & copines ^^

 

Objectif Zéro Déchet en famille

Rencontre avec la Greener Family

Les copains, les copines, c’est Noël avant l’heure !  J’ai l’honneur de vous présenter une petite famille dont la démarche passionnante pourrait en inspirer certains, et en encourager d’autres. Car, oui même avec des enfants, le mode de vie zéro déchet est accessible !

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– Pouvez-vous présenter votre petite famille et votre démarche en quelques mots ?

« La Greener Family, c’est Greener Mummy par qui tout à commencé, Greener Daddy qui suit et les Greener Kids qui s’en amusent. Sinon « en vrai », nous sommes Carole et Julien, parents de Margaux et Nicolas âgés de 8 et 5 ans. Nous aimons à dire que notre démarche va du Zéro déchet à l’écofrugalité. » 

– Quand vous êtes-vous lancé dans cette aventure ? Quelles ont été vos premières motivations ? Quel à été votre déclic ?

« Notre démarche a débuté en Février 2015 lorsque nous venions d’emménager dans notre « chez nous » et que nos poubelles débordaient toutes les semaines d’un sac de 50 L. Carole a su mettre des mots sur ses sentiments, après avoir lu et vu Béa Johnson (« Zéro déchet, 100 astuces pour alléger sa vie » par Béa Johnson, édition les arènes, 2013) . Notre aventure vers le Zéro Déchet démarrait… »

– Par où avez-vous commencé ? Avez-vous procédé par étape ou de façon radicale ?

« Finalement, sans le savoir, Carole a débuté la démarche à la naissance de Margaux, il y a 8 ans ! Cela a commencé par remplacer les lingettes bébés par des lingettes réutilisables. En parallèle, elle s’en servait pour se démaquiller, tout le monde était gagnant. Lorsque nous avons mis des mots sur cette démarche et lu le livre de Béa Johnson, c’était plutôt l’hystérie à vouloir tout changer ! Finalement, on s’est attaqué à la cuisine en premier en procédant pas à pas. Un an après, le sac de 50 L sorti auparavant toutes les semaines n’était plus que sorti tous les mois. »

– Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrés ? Comment les avez-vous surmontées ? Quelles sont encore celles à dépasser ?

« La difficulté ? C’est le changement! Quand le quotidien est bien ancré, le changer peut paraître insurmontable; mais comme je le lisais récemment « quand on veut, on se donne les moyens, sinon on se trouve des excuses … » C’est tout à fait ça ! Du coup, petit à petit, on refuse un sac, on ramène son verre, sa paille … On fait la chasse au gaspillage et change de lieu d’achat, on s’organise différemment, et on finit par changer de mode de consommation pour devenir consom’acteur. »

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– Et les enfants, comment vivent-ils l’aventure ? Comment leur avez-vous expliqué ?

« On a la chance d’avoir des enfants jeunes. Du coup, ce que nous vivons comme « un changement » n’en est finalement pas un pour eux puisqu’ils n’ont « rien vécu » d’autre avant ^^ On leur explique les raisons de nos choix, ils se régalent de nos petits plats et deviennent presque plus rigoureux que nous en allant jusqu’ à ramasser les déchets qu’ils trouvent dans la rue!« 

– Cette démarche vers le zéro déchet prend-elle plus de temps ? Comment vous organisez-vous ?

« Notre mode de consommation a changé. Si nous vivions « comme avant » en y ajoutant des moments « zéro déchet » alors oui, les journées seraient trop courtes. Mais comme notre mode de consommation a changé dans son ensemble, ce n’est pas le cas; même au contraire, cela nous offre plus de temps à partager, les courses sont faites « sur notre chemin ». Ainsi, fini les heures passées dans un supermarché! »

– Cette démarche est-elle finalement économique ?

« Nous avons fait l’exercice sur la première année et notre poste « alimentation » a diminué de 20%! En réalité, il faut globaliser la démarche pour s’en rendre compte. Au début, nous faisions l’exercice de comparer produit par produit en hypermarché, puis dans des magasins bio de proximité… et ça change tout ! Du coup, acheter des produits frais, locaux, de saison, en vrac et faire la cuisine pour sa petite famille, voilà comment économiser. »

– Quelle a été votre plus grande (re)découverte ?

« Finalement, nous nous sommes rendus compte que cette démarche n’est faite que de gestes de bon sens. Par ailleurs, nous ne sommes pas seuls ! En réalité, bien au delà de la France, nous nous rendons compte que Béa Johnson est loin d’être la seule à promouvoir cette démarche. Nous pensons particulièrement à Laura Singer (Trash is for Tosser) ou le réseau Zero Waste Blogger Network que nous avons rejoint rapidement. »

– Quels seraient vos 3 conseils que tout le monde pourrait adopter sans aucune difficulté ?

« Le premier consiste à utiliser un sac cabas lors de ses achats en refusant systématiquement les sacs plastiques, peu importe si celui-ci se salit. Le deuxième consiste à boire de l’eau du robinet plutôt que dans des bouteilles. Enfin, utilisez une serviette en tissu lors de vos repas.Voilà 3 conseils assez simples mais qui ont déjà un gros impact sur la réduction de vos déchets. »

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-Nous sommes à quelques jours de Noël, à quoi ressemblera votre réveillon zéro déchet ?

« Nous avons écrit un article à ce sujet :). Nous y racontons que notre réveillon reste traditionnel mais que nous l’agrémentons de touches DIY (Do It Yourself). Décoration, Calendrier de l’avent, Crèche, tout y passe 🙂 Cette année, nous recevons pour déjeuner, alors nous allons appliquer nos principes d’une cuisine faite maison avec des produits locaux. »

– Et pour les cadeaux ?

« Une partie des cadeaux ont été créés par Carole et tous seront emballés avec du tissu avec la méthode Furoshiki. Voilà comment nous sensibilisons notre entourage. »

– Pour finir, quelle est votre devise ?

« Notre devise est « faire mieux avec moins », ce qui décrit l’écofrugalité dans laquelle nous vivons dorénavant. »

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Furoshiki, l’art de l’emballage japonnais

Pour aller plus loin :

Les copains, les copines, je vous donne rendez-vous sur le blog de la Greener Family (ici) pour les suivre et ne rien louper de leurs aventures et précieux tuyaux vers un mode de vie zéro déchet ! Vous y trouverez (entre autres) leur article sur leur « Noël version Greener Family » ici, des astuces pour démarrer la même démarche par là, leurs lectures, leurs raisons, …

Et puis cet autre blog qui propose d’expliquer le concept des furoshiki, l’art de l’emballage japonnais dont le concept est écologique, peut être malgré lui : ici

[Merci à Carole et Julien pour cette interview… et pour la planète ! Je vous souhaite à tous, copains et copines, de très belles fêtes de fin d’années avec des paillettes (biodégradables) et de l’amour à revendre ^^]

Qu’est ce qu’on attend ?

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Contrairement aux apparences, ce village n’est pas resté figé dans le temps, il représente l’exemple de notre futur

C’est vrai ça! Les problèmes environnementaux ne sont plus à démontrer, et les solutions existent déjà… Mais alors, Qu’est ce qu’on attend ?!  Aux copains et copines qui ne savent pas quel film aller voir au cinéma pendant cette période de vacances, je vous suggère ce superbe documentaire de Marie-Monique Robin, réalisé avec peu de moyen mais beaucoup d’amour.

Ungersheim, un village en transition

Ungersheim est un petit village dans l’Est de la France. Jean-Claude Mensh, son maire depuis 1989, a lancé en 2009 un programme de démocratie participative, baptisé « 21 actions pour le 21 ème siècle« . Et tous les aspects de la vie quotidienne sont représentés : l’alimentation, l’énergie, les transports, l’habitat, l’argent, le travail et l’éducation. Non seulement les choses sont pensées durables, écologiques, et saines mais aussi mises en place, donc réalisables pour le plus grand bonheur et la fierté de ses habitants. Ungersheim n’est pas seulement un village en transition, il est aussi un village-exemple, qui d’ici là, nous fait doucement rêver.

Les intentions de Marie-Monique Robin, auteure et réalisatrice

Journaliste et réalisatrice pour la télévision, Marie-Monique Robin a commencé à se faire connaître pour ses enquêtes en faveurs des droits de l’Homme. Mais depuis 2011, elle ne privilégie plus une démarche d’alerte, mais la mise en valeurs d’initiatives positives. « Il y a deux ans, j’ai fait le tour du monde pour collecter les plus belles expériences au nord et au sud de la planète traçant la voie vers une société post-carbone, plus durable, plus juste et plus solidaire. C’est finalement à mon retour que j’entends pour la première fois parler d’Ungersheim. L’envie de faire ce film a grandi en moi tout au long de l’année 2015. J’ai commencé par écrire un synopsis qui raconte la mise en oeuvre des 21 actions du programme de la commune. Puis j’ai identifié des personnages clés sur lesquels je voulais construire mon documentaire. Au fur et à mesure de mes séjours à Ungersheim, j’ai compris que cette histoire avait une valeur universelle, et qu’en ces temps de doute et d’inquiétude -écologique, économique, politique- elle pourrait montrer aux citoyens que des alternatives sont possibles. Venez découvrir au cinéma ces hommes et des femmes qui nous aident à imaginer un monde plus propre et plus juste pour nos enfants. Pour que nous soyons tous des « lanceurs d’avenir ».

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5 Bonnes raisons d’aller voir ce film

1/ Un film POSITIF…

Ce documentaire là ne traite pas des problèmes environnementaux, nous laissant un goût amer et un sentiment d’impuissance quand défile le générique de fin. Bien au contraire ! Il s’agit d’un film qui nous donne l’espoir de vivre aujourd’hui, heureux, ensemble, sans se priver, et tout en se préparant à demain avec bienveillance.

2/ … D’une transition RÉALISABLE…

Ah tous ces sceptiques marmonnant que des initiatives de la sorte ne sont pas réalisables, à telle ou telle échelle, ou dans telle ou telle mesure… et bien ce documentaire ne manquera pas de leur clouer le bec ! Non seulement tout est possible, la preuve en est, mais aussi, le bilan général semble plus que positif. Mais alors qu’est ce qu’on attend ?!

3/ … malgré une certaine PRISE DE RISQUE…

Proposer nouveautés et différences en faveur du bien commun, que ce soit de la part de la réalisatrice, ou de la municipalité d’Ungersheim, représente un acte risqué et osé. Ceci n’est possible qu’avec du courage, de la détermination, de la passion et un certain pragmatisme qu’il est nécessaire de reconnaître chez ces « lanceurs d’avenir » et de saluer. Autant vous dire que j’ai eu envie d’applaudir tout le long du film…

4/ … avec des personnages TOUCHANTS…

De l’ex-vétérinaire devenu maraîcher bio et responsable de la régie agricole, à la doyenne fière de payer sa coiffeuse avec la monnaie locale, en passant par Richelieu le cheval de traie, emblème du village qui dépose chaque matin les enfants à l’école, et ce couple boulanger, passionné et cultivateurs de céréales anciennes, tous sont incroyablement touchants, parce qu’incroyablement simples et vrais. D’ailleurs, la réalisatrice le dit elle-même : « Je n’invente rien, je filme des gens formidables ».

5/ … A voir ABSOLUMENT !

D’après Marie-Monique Robin lors de l’avant première, 100.000 entrées sont nécessaires pour que ce film devienne rentable. Alors, au nom des 4 premières bonnes raisons ci-dessus, ce documentaire est à voir, à revoir, à diffuser, à offrir, à partager, à proposer aux municipalités… Sans plus attendre !

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Pour aller plus loin :

Les copains, les copines, je vous propose le site de M2R, la société de production de Marie-Monique Robin et ainsi découvrir ses autres films : par ici !

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Bébé en tient une bonne couche… lavable !

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Dans la famille Du-tout-lavable, je demande la couche ! Oui, après les disques démaquillants et les serviettes hygiéniques lavables, là aussi nous avons su, non pas régresser et revenir à des méthodes de grands mères, mais plutôt évoluer en choisissant des alternatives durables. Bon, c’est vrai, je ne suis pas [encore] directement concernée par le sujet. Il n’empêche que, dans un souci des déchets, des ressources naturelles, et de la santé publique, j’en suis très intéressée. Alors, je ne vais pas me gêner, et je suis sûre d’intéresser quelques copains et copines, (très prochainement) parents ^^

Les couches jetables, l’invention du XXème siècle

Ah le XXème siècle a tout inventé pour nous faciliter la vie ! Les sacs plastiques, les centres commerciaux, les mouchoirs en papier, le micro-ondes, et …les couches jetables. Gain de temps peut être, mais à quel prix ?

Le bilan version courte « santé planète / santé bébé » 

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Un enfant utilise en moyenne 6000 couches jetables avant de devenir propre, ce qui représente environ une tonne de déchets ! Sachant que chacune d’elle mettra environ 450 ans à se dégrader… La note écologique est plutôt salée. Et ce n’est pas tout, car pour fabriquer une bonne couche jetable, il nous faut des ressources naturelles : 1 tasse de pétrole brut, 120 m 3 d’eau, une bonne dose d’arbres abattus pour la cellulose, deux cuillères à café de parfum, de conservateurs et de gel absorbant, et une pincée de produits chimiques au choix, tels que du poison TBT (Greenpeace Mai 2000), du benzol, ou de la dioxine,… A côté, les couches lavables ont la grande classe: Pas de produits chimiques sur les fesses de bébé, 10 fois moins de CO² produit, 10 fois moins de ressources non renouvelables utilisées, 10 fois moins de bois coupé, 3 fois moins de déchets produits, et 2 fois moins d’eau consommée malgré la nécessité de les laver.

Le bilan économique

Les 6000 couches jetables utilisées dans la vie de bébé ont un réel coût, non pas seulement écologique mais aussi économique. En effet, répartis sur 2 ans et demi en moyenne, il faudra débourser pour les couches jetables de bébé presque 1700 euros, soit plus du double de l’investissement et de l’entretien pour des couches lavables. Sachant qu’à partir du deuxième enfant, l’écart s’agrandit.

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D’un point de vue écologique, sanitaire, et économique, y’a pas à tortiller, les couches lavables remportent largement le round face aux couches jetables. Mais dans la pratique, qu’en est-il ? Pour cela, je vous propose de rencontrer Florence et Alexandre, parents, adorables et convaincus.

L’expérience des couches lavables avec Florence et Alexandre

 – Pouvez-vous vous présenter en quelques mots?

« Nous sommes un couple de 30 ans, avec 2 enfants : 4 ans et demi, 3 ans et un troisième d’ici 1 mois. »

– Pourquoi avoir tenté l’expérience des couches lavables ? Quelles ont été vos premières motivations ? Quel a été le déclic ?

« Je vais commencer par un petit listing rapides des avantages, vu précedemment :  *l’économie : budget en couches jetables sur 2 ans et demi : 1500 à 2000 euros contre 700 euros en couches lavables, entretien inclus. *l’écologie : 1 tonne de déchets en couches jetables sur 2 ans et demi. Une couche met entre 300 et 500 ans pour se dégrader dans le sol. *une cinquantaine de produits chimiques dans les couches jetables (perturbateurs endocriniens, parfums, polyacrilate de sodium…). Et ceci en contact 24h/24 avec une peau qui laisse passer la plupart des produits dans la circulation sanguine ! Au début, nous sommes allés dans un magasin de puériculture spécialisé dans les couches lavables accompagné par un membre de notre famille, plutôt par curiosité. C’était avant la naissance de notre première fille. Par anticonformisme surtout d’abord, nous nous sommes lancés. On nous a donc offert notre premier lot de couches lavables. Mais, nous avons rapidement laissé tomber, car nous n’arrivions pas à les mettre correctement, et il y avait trop de fuites… Puis au bout de 4-5 mois, nous avons commencé à être vraiment dérangés d’une part, par la quantité de déchets que nous produisions et d’autre part, par notre « budget couches ». Donc nous sommes retournés dans cette fameuse boutique, nous avons racheté un gros lot de couches et nous ne sommes plus revenus aux jetables! Ou alors occasionnellement… »

– Par où, et par quoi commencer ? Quelles ont été vos sources d’informations ?

« Il faut commencer par se renseigner sur les intérêts des couches lavables (écologique, économique, plus sain pour les fesses du bébé). Puis se faire conseiller par une personne qui en a une expérience. Et puis, surtout ne pas acheter un gros lot de couches en promotion sur internet! Il existe aussi de nombreux cites marchands spécialisés (comme d’Apinapi.)  ainsi que des réseaux de mamans (ou papas!) conseillères. »

– Quel est le prix d’investissement au départ ?

« Le prix d’investissement est d’environ 500 euros pour une vingtaine de couches, (contre 1500 à 2200 euros en jetables sur 2 ans et demi!) »

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-Toutes les marques se valent-elles ? Laquelle en particulier nous conseillez-vous ?

« Non loin de là ! Il existe de nombreuses marques « bas de gamme » et là c’est l’échec assuré. Je n’ai pas une seule marque à conseiller mais plusieurs, telles que Bummis, Doujan, Bamboolik, Popolini, Close, Hamac… »

-Concrètement, comment les utiliser ? (Mise en place, lavage, etc.)

« En fait les couches lavables de notre génération sont aussi simples à mettre sur bébé que les couches jetables, à la différence qu’il faut placer un voile de protection (en cellulose, biodégradable) dans la couche pour jeter les selles s’il y en a, et ne pas souiller la couche. Ensuite les couches sont stockées au sec dans un seau ou un sac imperméable en attendant d’être lavées en machine à 40 degrés. »

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– Cela demande de l’organisation j’imagine, comment avez-vous fait?

« Nous étions motivés tous les deux, et une fois que nous étions lancés, nous ne nous posions plus la question de savoir si c’était contraignant ou pas… En terme de linge, ça ne représente qu’à peu près 2 machines par semaine. Donc oui, il faut de l’organisation mais que ce soit en terme de couches lavables ou autre, il faut toujours un minimum d’organisation avec un bébé… »

– Avez-vous eu des mauvaises surprises ? Comment les avez-vous surmontées ? Vous est-il déjà arrivé de vous décourager au point de « craquer » et de reprendre les couches jetables ?

« Oui bien sûr! Donc, au début nous avions complètement abandonné et par la suite nous avions toujours un paquet de jetables à la maison. En général, il nous durait plusieurs mois mais nous dépannait dans le cas où nous n’avions pas de couche propre, ni l’envie d’aller en chercher sur l’étendoir… »

– Les couches lavables sont-elles utilisables partout ? Chez la nourrice, à la crèche, en vacances ?

« Oui elles sont utilisables partout , à condition d’avoir un lave-linge disponible… Pour ce qui est de la nourrice ou de la crèche, de nombreux à-priori restent, mais il suffit de montrer comment cela fonctionne et de rassurer les personnes qu’elles n’auront pas à les laver. »

– Quelle a été la réaction de votre entourage lorsque vous leur avez annoncés que vous vous lanciez dans cette aventure ? Avez-vous souffert de remarques décourageantes ou jugements malveillants à ce propos ?

« Oui certaines, mais on oublie vite… Et les avis changent vite aussi! »

– Quels conseils donneriez-vous à de jeunes parents qui hésiteraient encore ?

« Faire appel à quelqu’un qui s’y connait, tester avant de s’équiper et ne pas hésiter à demander conseil en cas de problème. « 

– Et ne pas se décourager ?

« Oui, si on l’a fait, tout le monde peut le faire !… »

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[Merci à Flo, Alex, et leurs adorables cobayes]

Pour aller plus loin:

Le site d’Apinapi : ici et le guide très complet des couches lavables selon lui par là.

Severn, la voix de nos enfants

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« Vous continuez de nous dire que vous nous aimez. Mais je vous mets au défi, s’il vous plaît : faites que vos actions reflètent vos mots. » Severn, 12 ans, 1992.

Severn, une jeune adolescente déstabilisante

Severn Cullis-Suzuki vit au Canada. En 1992, elle a 12 ans, et crée une association (l’ECO, Environmental Children’s Organisation) avec trois autres camarades tout juste plus vieux qu’elle. Ensemble, ils parviennent à récolter suffisamment de fonds pour parcourir 8000 kms et interpeller, à travers un discours des plus poignants, les dirigeants du monde, réunis au Sommet de Rio. Voici son discours. (La vidéo par là)

« Bonjour, je suis Severn Suzuki, je m’exprime au nom de l’ECO, l’Environmental Children’s Organization, un groupe d’enfants âgés de douze à treize ans qui tentons de nous faire entendre… Vanessa Suttie, Morgan Geisler, Michelle Quigg et moi. Nous avons trouvé l’argent nous-mêmes pour parcourir 5000 miles afin de vous dire que vous devez changer.

En venant ici aujourd’hui, je n’ai pas à cacher mes objectifs. Je me bats pour mon avenir. Perdre son avenir n’est pas comme perdre une élection ou quelques points en bourse. Je suis ici pour parler au nom de toutes les générations à venir. Je suis ici pour parler au nom des enfants affamés du monde entier dont les cris ne sont pas entendus. Je suis ici pour parler au nom des innombrables animaux qui meurent sur cette planète, car ils n’ont nulle part d’autre où aller.

J’ai peur de m’exposer au soleil à cause des trous dans la couche d’ozone. J’ai peur de respirer l’air parce que je ne sais pas les produits chimiques qu’il contient. J’avais l’habitude d’aller pêcher à Vancouver, ma ville natale, avec mon père, jusqu’à ce qu’on trouve il y a quelques années, un poisson criblé de cancers. Et maintenant, nous entendons parler d’animaux et de plantes qui disparaissent chaque jour, perdus à jamais. Dans ma vie, j’ai rêvé de voir de grands troupeaux d’animaux sauvages, des jungles et des forêts tropicales remplies d’oiseaux et de papillons, mais maintenant je me demande si tout cela existera encore lorsque mes enfants voudront le voir.

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« Si vous ne savez pas comment réparer les dégâts, s’il vous plaît, arrêtez de casser ! »

Vous préoccupiez-vous de ces choses lorsque vous aviez mon âge ? Tout cela se déroule sous nos yeux, et pourtant nous agissons comme si nous avions tout le temps que nous voulions et toutes les solutions. Je suis seulement un enfant et je n’ai pas toutes les solutions, mais je veux que vous réalisiez que vous non plus ! Vous ne savez pas comment réparer les trous de notre couche d’ozone. Vous ne savez pas comment faire revenir le saumon dans nos eaux polluées. Vous ne savez pas comment ramener un animal dont l’espèce est éteinte. Et vous ne pouvez pas ramener les forêts dans des zones qui sont devenues des déserts. Si vous ne savez pas comment réparer les dégâts, s’il vous plaît, arrêtez de casser !

Ici, vous êtes des délégués de vos gouvernements, hommes d’affaires, journalistes ou hommes politiques. Mais, en réalité, vous êtes des mères et des pères, des sœurs et des frères, des tantes et des oncles. Et chacun de vous est l’enfant de quelqu’un. Je suis seulement un enfant, et pourtant je sais que nous faisons tous partie d’une famille, forte de cinq milliards de membres, en fait, forte de 30 millions d’espèces. Les frontières et les gouvernements ne changeront jamais ça. Je suis seulement un enfant, et pourtant je sais que nous sommes tous concernés par le même problème, et que nous devrions agir comme un seul et même monde, tendu vers un objectif unique.

Dans ma colère, je ne suis pas aveugle, et dans ma peur, je ne crains pas de dire au monde ce que je ressens.

Dans mon pays, nous gaspillons tellement. Nous achetons et jetons, nous achetons, puis jetons. Et pourtant, les pays du Nord ne partagent pas avec les nécessiteux. Même si nous avons plus que ce dont nous avons besoin, nous avons peur de partager, peur de perdre certaines de nos richesses. Au Canada, nous menons une vie privilégiée dans l’abondance de nourriture, d’eau et d’abris. Nous avons des montres, des vélos, des ordinateurs et des téléviseurs. Il y a deux jours, ici au Brésil, nous avons été choqués lorsque nous avons passé du temps avec des enfants vivant dans la rue. Voici ce qu’un de ces enfants nous a dit:

« Je voudrais être riche. Et si je l’étais, je donnerais à tous ces enfants de la nourriture, des vêtements, des médicaments, un abris, de l’amour et de l’affection. »

Si un enfant de la rue qui n’a rien est prêt à partager, pourquoi nous qui avons tout sommes nous aussi avares ? Je ne peux m’empêcher de penser que ces enfants ont mon âge et que le lieu de naissance fait une si immense différence. Je pourrais être l’un de ces enfants vivant dans les favelas de Rio. Je pourrais être un enfant souffrant de la faim en Somalie, une victime de la guerre au Moyen-Orient, ou un mendiant en Inde. Je suis seulement un enfant, mais je sais que si tout l’argent dépensé pour la guerre était consacré à trouver des solutions environnementales et à lutter contre la pauvreté et les maladies, que ce monde serait merveilleux !

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À l’école, même à la maternelle, vous nous apprenez à nous comporter dans ce monde. Vous nous apprenez à ne pas nous battre, à travailler dur, à respecter les autres, à faire notre lit, à nettoyer nos traces, à ne pas blesser d’autres créatures, à partager, à ne pas être gourmand. Alors pourquoi faites vous tout ce que vous nous dites de ne pas faire ?

N’oubliez pas pourquoi vous assistez à ces conférences, pour qui vous le faites… nous sommes vos propres enfants. Vous décidez dans quel monde nous allons grandir. Les parents devraient être en mesure de rassurer leurs enfants en leur disant « Tout va bien se passer, ce n’est pas la fin du monde et nous faisons de notre mieux. »

Mais je ne pense pas que vous puissiez encore nous dire cela. Sommes-nous seulement sur la liste de vos priorités ? Mon père dit toujours : « Tu es ce que tu fais, pas ce que tu dis ». Eh bien, ce que vous faites me fait pleurer la nuit. Vous continuez de nous dire que vous nous aimez. Mais je vous mets au défi, s’il vous plaît : faites que vos actions reflètent vos mots.

Merci. »

« Severn, la voix de nos enfants », un documentaire de Jean-Paul Jaud

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« Quel monde laisserons-nous aux générations futures? »

18 ans après le sommet de Rio, Severn a 29 ans et attend son premier enfant. Que s’est-il passé depuis ? Y’a t-il eu des décisions environnementales à la hauteur de son discours ? Quel regard porte-elle sur le monde d’aujourd’hui ? Quel monde laisserons-nous, à son enfant et ses contemporains ?

A travers ce documentaire, Jean-Paul Jaud nous propose le parallèle entre le discours de Severn en 1992, certaines aberrations écologiques (le nucléaire, les pesticides, les OGM, la déforestation…), et quelques jolies initiatives positives aux quatre coins de la planète.

Pour ma part, ce documentaire, à la fois poignant et à la fois réconfortant, vaut vraiment le coup d’œil.

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Pour aller plus loin :

Les copains, les copines, je vous propose la bande annonce du documentaire : ici, et le site J+B Séquences, la société indépendante de production, de distribution, et d’édition de Jean-Paul Jaud () qui propose également d’autres documentaires dans la même lignée.

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No impact man

Les copains, les copines, il fait un froid de canard, je vous l’accorde. Mais avant de remonter le chauffage jusqu’à se croire en Jamaïque dans le salon, remettez une couche de pull, faîtes chauffer votre bouillotte, enroulez-vous dans une couverture douillette, et vous serez fin prêts à découvrir ce nouvel article, une tasse de thé entre les mains…


La biocapacité est la capacité d’une zone à offrir des ressources tout en sachant absorber les déchets générés. Elle se mesure en hectare. Sur Terre, (en 2006) la biocapacité disponible par personne était de 1.8 hectares. Or, en moyenne, un terrien a utilisé 2.6 hectares…

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Que ce soit pour nous nourrir, nous déplacer, nous loger, ou même gérer nos déchets, nous consommons des ressources naturelles. L’empreinte écologique est l’outil permettant de mesurer la surface productive nécessaire à notre population pour répondre à notre consommation de ressources d’une part, et à nos besoins d’absorption de nos déchets d’autre part. Elle est une estimation de la superficie dont la Terre aurait besoin pour subvenir à nos besoins en fonction de notre mode de vie. De la sorte, elle est une mesure de la pression qu’exerce l’Homme sur la nature.

Donc, si la demande (l’empreinte écologique) d’une zone est supérieure à l’offre (la biocapacité), nous sommes en déficit (écologique) et vivons à crédit en terme de ressources naturelles. C’est le cas de la France et beaucoup de pays dits développés.

Ainsi, si tous les terriens consommaient autant que les français, il faudrait 2.74 Terre pour subvenir à nos besoins…

Cela vous laisse à réfléchir ? Alors, je vous invite tous à cliquer  ou encore ici pour avoir une idée de votre empreinte écologique. Pour ma part, j’ai encore à m’améliorer…

Mais d’ici là, j’aimerais vous parler d’un livre que j’ai dévoré car adoré.

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Colin Beavan a 42 ans. Il vit à New-York, en plein cœur de Manhattan, avec sa femme Michelle, sa petite fille Isabella et son chien Franckie. Comme tout « bon citadin qui se respecte », ils vivent à 100 km/h, se sapent à la dernière mode, et engloutissent devant leur télé des plats tout préparés qu’ils se font livrer, avant de remplir leurs grosses poubelles de sacs plastiques et gobelets jetables. Sauf qu’un jour, Colin réalise naïvement que le réchauffement climatique est bien réel, et que son mode de vie n’y est pas pour rien dans la fonte des glaces qui noie l’ours polaire. Colin aime en discuter avec des amis, mais cela ne lui suffit plus. Désormais, il veut agir. Il veut « balayer devant sa porte » comme il dit. Alors, également motivé par l’écriture d’un troisième livre, il se lance dans une folle aventure : celle de vivre pendant un an, sans commettre d’impact négatif sur la planète.

« Je n’avais pas l’intention de faire dans la demi-mesure, de me contenter d’utiliser des ampoules basse consommation ou de recycler à tout-va. L’idée était d’aller aussi loin que possible, d’atteindre le zéro impact environnemental. Je visais non seulement le zéro carbone, mais aussi le zéro déchet, zéro pollution dans l’air, zéro toxine dans l’eau, zéro ressource pompée à la planète. Je ne voulais pas seulement réduire mon empreinte carbone à zéro, je ne voulais avoir aucune empreinte écologique« .

« Nous voici tous habillés, prêtes à nous aventurer dans ce monde sur lequel nous allons nous efforcer de ne pas avoir d’impact. J’installe Isabella dans une espèce de sac à dos; dans les escaliers, ce sera plus pratique que la poussette. Nous disons au revoir à Franckie qui, comme tous les matins, nous regarde comme si nous n’allions jamais revenir. Sans réflechir, nous nous entassons tous les trois dans l’ascenseur. Nous arrivons au rez-de-chaussée avant de nous rappeler que nous étions censés descendre à pied. »

Sauf que, dans l’histoire, il n’est pas seul. Il a embarqué toute sa famille, plus ou moins consentante. Dans un premier temps, Michelle semble subir le projet de son mari jusqu’à ce qu’elle y trouve du sens, qu’elle l’investisse à sa manière jusqu’à parfois prendre des décisions qui dépassent celles de Colin.

« – J’ai envie d’écrire sur les murs… -Pourquoi ? -Parce que j’ai envie, c’est tout. – Je ne crois pas que ce soit une bonne idée… – Ce n’est pas juste, me rétorque t-elle. C’est toujours toi qui décide de tout dans ce projet. – Il s’agit d’une expérience écologique, pas de gribouiller sur les murs. – Non, proteste t-elle. Il s’agit de déterminer de quelle façon nous souhaitons vivre, de redéfinir notre mode de vie, et j’ai envie d’écrire sur les murs. »

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Dans son livre, Colin nous retrace son cheminement vers un mode de vie éco-écologique. Il nous transmet avec humour et vérité, ses doutes, ses choix, des informations, ses difficultés, ses limites et les conclusions de leur expérience. Tout naturellement, il se questionne aussi sur le sens de nos vies, et la quête du vrai bonheur…

« Juste au moment où nous sortons de l’immeuble, il se met à pleuvoir des cordes. […] Je finis par refermer le parapluie. Isabella ne pleure plus. De toutes façons, en se baladant sous la pluie au lieu d’emprunter ses transports mécanisés, il n’y a pas moyen d’éviter la pluie.[…] Je descends Isabella de mes épaules et je la laisse patauger dans une flaque. Ses chaussures et son pantalon sont trempés. Pour rigoler, je saute moi aussi dans la flaque. Isabella rit aux éclats. […] A quel moment l’enfant en moi a-t-il disparu? Tout autour de nous, les gens courent à la recherche d’un abri. Ils ont l’air désespérés, malheureux. Que nous est-il arrivé? »

Dans cet ouvrage, nous faisons partie de cette famille finalement très attachante. Nous cheminons ensemble vers une vie zéro empreinte écologique, mais aussi vers une humanité plus solidaire, plus respectueuse, plus heureuse peut être…

Alors oui, ce livre, je le recommande; tant pour le projet et les efforts de cette famille, que pour nous donner courage et espoir qu’ensemble, un monde meilleur est possible.

Pour aller plus loin:

Copains, copines, vous découvrirez le blog (en anglais) de Colin en cliquant ici.

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[A tous les copains et copines qui font de leur mieux chaque jour pour une planète moins malade, et à tous ceux qui cherchent des idées cadeaux pour Noël ^^]

Belle semaine à vous tous !

Le bonheur, c’est le chemin

 

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« Tout ce que vous avez à faire, c’est de décider de partir. Et le plus dur est fait. »

Tony Wheeler, grand voyageur et fondateur des guides Lonely Planet, 1973.

Et si c’était vrai? Tout quitter, voyager autour du monde, puis se laisser vivre au fil des rencontres est un rêve qui traverse bien des esprits. Notre copain Natou, lui, a osé. Et pas qu’une fois ! Cet homme de 27 ans, assoiffé de liberté, franchit les frontières depuis une dizaine d’années, avec pour seul objectif : celui de ne pas en avoir.  Je vous propose de le rencontrer ici autour d’une petite interview, sans grand détour.

Peux-tu te présenter en quelques mots…

« Comme à la rentrée des classes et tout ? Bien, Jonathan ou Natou. J’en suis à 27 révolutions autour du soleil. Je découvre le monde depuis une dizaine d’année effectivement, par intermittence du moins ! Je pense être plutôt quelqu’un de simple, sans prétention, ni mérite particulier. Et je ne sais pas .. me présenter en quelques mots ! »

D’où te vient ce goût bien particulier pour les voyages, quel est donc ton parcours ?

« Je pense que c’est avant tout de la curiosité. Et un peu d’anticonformisme, si je dois être objectif. J’ai eu assez vite envie de voir ce qu’il y avait derrière l’horizon et d’explorer d’autres chemins que ceux conseillés. Cette envie a donc commencé assez jeune. Mon père nous emmenait sur son voilier chaque été, toujours un peu plus loin. Puis une première colonie au Vietnam à 16 ans, un premier voyage seul en Espagne la même année. Mon père travaillant à Air France, j’ai pu bénéficier de billets d’avion à prix réduits jusqu’à 26 ans. A tout ça combiné, se rajoute cette fameuse addiction à la liberté qui grandit d’année en année, et tu comprendras que les 11 années suivantes ont été faites de voyages. Finalement en l’écrivant maintenant, tout ça me parait assez logique ! »

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« Je ne recherche rien de particulier, ou plutôt si, à être heureux! »

Pourquoi pars-tu seul ?

« Fameuse question ! Déjà parce que j’aime bien voyager avec moi (aha). Et puis, quand on part seul, on ne l’est jamais vraiment ! Bien au contraire. On rencontre bien plus de personnes sur place. Les gens viennent plus te parler, et on s’ouvre d’avantage. Et puis, c’est synonyme de liberté encore une fois ! Je suis flexible. Je fais ce que je veux, avec qui je veux, quand je veux, où je veux et comme je veux. Mais il y a aussi des inconvénients… Tu ne partages pas ce que tu vis avec un proche, mais souvent avec quelqu’un que tu ne connais que depuis peu. Au retour en France, tu te retrouve toi, tes souvenirs et pas grand monde pour comprendre ce que tu as réellement vécu. C’est le côté négatif du truc. Finalement, j’aime bien allier les deux : je dirais que je voyage à 80% seul ou avec des locaux ou voyageurs rencontrés sur place, et 20% avec des amis au départ. »

Qu’est ce que tu recherches lorsque tu voyage ? 

« Le dépaysement, la surprise, la liberté, l’enrichissement personnel, l’introspection, la découverte de l’autre, la fuite d’une routine, l’envie d’étayer une culture général, la connexion avec la nature, le besoin d’apprendre, .. seraient des réponses classiques. La vraie réponse, c’est que je ne recherche rien de particulier, ou plutôt si, à être heureux ? Ça va si je dis ça ? (aha). Et « le sédentaire », que recherche t-il lorsqu’il fait sa journée de 8h de travail ? »

Fais-tu une différence entre le terme « voyage » et « vacances » ? 

« Clairement ! Le terme « vacances » est bien péjoratif ! C’est trop assimiler un enrichissement à du repos, je trouve. J’irais même plus loin, le terme « voyage » aussi finalement .. C’est très réducteur. C’est tellement plus que ça. Oui tu fais un voyage de 2, 3 semaines au Pérou .. mais 6 mois à traverser l’Himalaya, c’est plus qu’un simple voyage, c’est vivre ailleurs. Si tu me demandes comment étaient « mes vacances » en Amérique du Sud ses cinq derniers mois .. je vais rire jaune j’te le cache pas ! »

Donc, si j’ai bien compris, tu entends par le mot « vacances » l’idée de se décharger des encombres de la vie quotidienne dans une dynamique plutôt passive alors que pour toi, lorsque tu voyages, tu t’enrichis, donc dans une dynamique active ?

« Exactement ! »

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« C’est plus qu’un simple voyage, c’est vivre ailleurs! »

Comment t’y prépares tu ? Dans quel état d’esprit tu es lorsque tu pars en voyage ? 

« Je m’y prépare pas, justement. C’est là tout mon objectif: ne pas avoir d’objectif précis pour mieux me laisser aller à l’improvisation, à l’instantané. Au moment du départ, je ne me sens pas stressé, je suis plutôt heureux et excité de partir à l’inconnu tout en étant livré à moi-même. Je radote, mais j’adore ce sentiment de liberté… »

Tu aimes l’improvisation si bien que, lors de ton dernier voyage, la durée et les destinations de tes voyages n’étaient pas déterminés à l’avance, pourquoi ?

« Il y a vraiment douze mille façons de voyager. Pour ma part, improviser le plus possible est la meilleure et la plus vraie. L’idée de voyager sans objectif déterminé à l’avance, permet de ne pas nuire à la découverte et au plaisir spontanés. Tout planifier, savoir exactement où j’irai à l’avance, ne  laisserait pas de place à la surprise. Partir sans date de retour change énormément la façon de vivre son voyage. Se laisser vivre, rester libre, faire confiance à l’imprévu, toute rencontre et toute proposition sur place est bonne à prendre. »

Lors de ton dernier voyage, tu as su tout quitter: amis, famille, confort de vie, et surtout CDI même si, beaucoup ont tenté de t’en dissuader… Au nom de quoi ? 

« Je ne suis pas sûr qu’il faille poser cette question comme cela. Je n’aime pas ce côté « théâtralisé ». Et puis, je n’ai pas tout quitté, en fait j’ai même rien quitté du tout. Y’en a qui quittent tout, mais moi non. Ma famille, et mes amis, je les retrouve en rentrant. J’ai démissionné c’est vrai, mais je ne prends pas cela comme quelque chose d’important, à souligner… »

Mais dans l’esprit de beaucoup, un CDI représente la sécurité financière, ainsi démissionner c’est prendre un gros risque ?

« Je ne pense pas. Le confort et la sécurité amènent-ils forcément au bonheur ? La vie n’est elle pas faite pour prendre des risques ? Quelles sont vraiment les risques ? Faut prendre de la hauteur. Une longue vie humaine se monte à 650 000 heures en tout et pour tout. Ça fait short quand on y réfléchit. Mais on pense tous avoir le temps. Alors on procrastine, jusqu’à être bloqué par nos impératifs parentales ou professionnels ou être trop vieux « pour ces choses là ». Une chose est sûre : on regrettera tous, dans les ultimes heures de nos vies, de n’avoir pas pris plus de risque dans nos vies respectives. Autant anticiper. Et comme dirait l’autre : Vaut-il mieux avoir derrière soi une vie passionnante, ou devant soi une vie banale ? » 

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« La vie n’est elle pas faite pour prendre des risques ? »

Quelle est ta plus belle et ta pire rencontre ? Quel est le pays qui t’a le plus surpris ?

« La plus belle rencontre… la biodiversité et l’humain. La pire… l’administration et… l’humain.
Le pays qui m’a le plus surpris ? L’Iran surement ! Très loin de tout ce qu’on peut imaginer ! »

Est ce que la France te manque parfois? Qu’est ce qu’il y a en France que tu ne trouves jamais ailleurs ? 

« Pour être honnête pas grand chose ! Ah, si, les saisons ! On ne se rend pas forcément compte de la chance que l’on a en France d’avoir 4 saisons bien distinctes les unes des autres. De la neige en hiver, de la chaleur en été, des automnes, des printemps … un bonheur ! Les subtilités de sa langue maternelle aussi. Je ne suis pas assez polyglotte pour n’éprouver aucun manque. Autre chose, l’ouverture d’esprit musicale. Crois moi qu’après 4 mois de techno russe à fond dans les transports d’Asie Centrale .. même MAÎTRE GIM’S te manque ! »

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« On vit dans un pays magnifique quand même, on l’oublie trop ! »

Est ce que la France est ton « chez toi » malgré tout, ou te considères-tu sans attache ni amarre ? 

« Sans attache ni amarre ouais ! Même si j’aime la France ! On vit dans un pays magnifique quand même, on l’oublie trop ! »

Que retiendras-tu le plus de tes périples ? Est ce que tu pourrais mettre des mots sur ton enrichissement personnel ? Quel bagage spirituel porteras-tu désormais en toi ? 

« Je crois que c’est plutôt implicite, inconscient. C’est un enrichissement personnel mais je ne le perçois pas. La connaissance pure et la culture générale sont facilement quantifiables mais l’enrichissement personnel, je pourrais pas mettre des mots dessus, c’est plutôt ce qu’il fait ce que je suis maintenant… Peut être une certaine ouverture d’esprit, de la tolérance.. Encore que. »

Alors peut être un enseignement ?

« Bah .. on est conditionné. Réussite = carriérisme ; Bonheur = conformisme. Voyager, aide je trouve, à s’émanciper un peu de cette bien-pensance, à relativiser, à prendre un peu de hauteur sur notre vie, histoire de voir de haut, cette bulle dans laquelle on a l’habitude de s’épanouir comme on peut. Et quel bien de fou d’enlever ses œillères, ne serait-ce qu’a moitié ! »

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« Voyage pour toi, et pas pour les autres. Range ta perche à selfie et regarde avec tes yeux. »

Est ce que tu ressens le besoin d’écrire quand tu voyages ? Mettre des mots sur ce que tu ressens ?

« Pas vraiment, j’aime bien l’idée que cela reste figé dans l’instant T, pas que ce soit écrit, rangé quelque part. J’aime bien vivre le moment présent, et la magie se perdrait un peu si je l’écrivais sur une page. J’aime bien me dire que je vis quelque chose, puis que ça s’efface sans que ce soit grave car je sais que c’est bénéfique pour moi, à long terme et cela me suffit. Pour le côté « thérapeutique » de l’écriture, elle se fait dans ma tête. » 

Comment vois-tu l’avenir ? 

« Bah tiens, bonne colle ! Tout ce que je peux te dire, c’est que je ne me vois pas voyager à temps pleins toute ma vie. Mais je la vois heureuse ! Les rencontres t’apprennent aussi à savoir te contenter de moins, à désirer modeste. J’espère réussir à appliquer ce précepte, de plus en plus. »

Si tu avais UN conseil à donner à quelqu’un qui souhaiterait découvrir le monde ?

« Oh j’suis personne pour donner des conseils, chacun fait comme il le sent. Peut être : voyagez pour vous, et pas pour les autres. Range ta perche à selfie et regarde avec tes yeux. Et un peu de pragmatisme ! Il y a 197 pays dans le monde. Ne vous limitez pas au 15 classiques où tout le monde court ! » 

Pour finir, quelle est ta devise ?

« J’aime bien celle ci : 

« Il n’y point de chemin pour le bonheur. Le bonheur, c’est le chemin.« 

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 [Merci Natou !]