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Planète Végane: Ophélie Véron répond à mes questions

planetevegane3Ophélie Véron, véritable ambassadrice du véganisme* dans le monde francophone et au delà, a incontestablement changé ma façon de penser la Vie, de manger comme de militer. Actuellement chercheuse postdoctorale en Belgique, ses travaux portent sur les mouvements sociaux, et notamment les mouvements écologistes et véganes. J’ai découvert son blog Antigone XXI –par hasard– il y a quelques années, alors que je recherchais sur la toile une recette de crème hydratante maison. C’est là, entre quelques posts sur les cosmétiques home made, que je suis tombée sur ses très beaux articles concernant la philosophie végane, de l’éthique animale à la pratique quotidienne. C’est là que la petite graine fut plantée, et croyez-moi les copains & copines, elle a considérablement bien poussée depuis. Le mois dernier, Ophélie Véron a sorti son dernier livre Planète Végane que j’ai -sans surprise- adoré. Dans cet article, non seulement j’évoque trois –bonnes– raisons de se le procurer (et vite!) mais surtout, l’autrice répond à mes questions, et j’en suis très (trèèèèèèès) honorée

« Une planète végane. […] Un projet qui nous concerne toutes et tous, animaux humains et non humains. Un projet bien plus vaste que le seul contenu de notre assiette, mais qui impose de repenser entièrement les liens qui nous unissent à la Terre et à l’ensemble de ses habitants ». Ophélie Véron, p.9

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J’ai dévoré Planète Végane d’un appétit… d’ogre (végéta*ien). Je m’en suis régalée, léchée les doigts, pour de nombreuses raisons. Ici, je ne vous en évoquerai que trois, qui suffiront, je l’espère, à vous en donner l’eau à la bouche ! Ophélie Véron me fera ensuite l’honneur de répondre à mes questions, alors je compte sur vous les ami.e.s pour lui réserver un accueil des plus chaleureuuuuux ! (Ophélie! Ophélie! Ophélie!) 

3 Bonnes raisons d’adorer Planète Végane

Planète Végane nous informe.

Ce livre tient à nous expliquer le pourquoi (ou pour quoi) du véganisme. C’est ainsi qu’il représente un immense travail de recherche très complet, une véritable bible d’informations sourcées grâce auxquelles les lecteurs.trices, apprenti.e.s véganes ou véganes de la première heure, peuvent véritablement étayer leur réflexion et leurs pratiques. Les renseignements sont multiples, élaborés, chiffrés, démontrés scientifiquement, sociologiquement, historiquement. Le véganisme est présenté ici sous toutes ses facettes, de ses origines à sa mise en pratique quotidienne, en passant par ses différents courants, son souci écologique, ses bienfaits sanitaires, et surtout, surtout, son engagement passionnel en faveur d’un monde plus juste.

« Ce n’est pas parce qu’on est « un.e ami.e des bêtes » qu’on défend les droits des animaux: on les défend par souci de justice. […] Ce n’est pas par gentillesse que nous ne battons pas les enfants et les femmes. C’est parce que ces êtres ont le droit fondamental de ne pas souffrir et de vivre dans le respect. Il en est de même pour les animaux: nous avons le devoir de ne pas les traiter comme des moyens. La justice n’est pas optionnelle, elle est exigence. » Ophélie Véron, p.57

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Planète Végane nous guide.

Ce livre ne tient pas seulement à nous expliquer le pourquoi du véganisme mais aussi, et surtout le comment: Comment devenir végane ? Par où commencer ? Comment le rester en toutes circonstances ? Dans cet ouvrage, Ophélie Véron nous prend par la main, et nous guide, avec douceur et bienveillance, vers une mise en pratique quotidienne, concrète et globale. Elle nous ouvre les portes de ses placards, nous souffle les réponses aux objections les plus courantes des omnivores, nous liste nombreuses marques de vêtements, de chaussures, de cosmétiques, de produits ménagers véganes, et nous livre ses conseils pour vivre en société, du simple resto, aux repas de famille, en passant par l’organisation de fêtes, et sorties avec les enfants. Pour finir, l’autrice nous confie même les meilleures manières –douces et heureuses– de militer.

« En ce sens, le véganisme n’est pas un énième régime « tendance ». Il est même bien plus qu’un simple mode de consommation. Il est philosophie, politique, projet de société. Il est une autre vision du monde et de notre rapport aux autres. Il est aussi, fondamentalement, positif. […] Le véganisme, ce n’est pas dire non, c’est dire oui autrement. » Ophélie Véron, p.11

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Planète Végane est positif.

Ce livre est résolument joyeux. Il est sourire, il ne s’attarde pas sur le côté dramatique de l’exploitation animale sans pour autant le nier (évidemment), mais se tourne davantage vers toutes les possibilités d’un monde au mode de vie végane. Tout semble accessible, logique et surtout épanouissant. Dans cet ouvrage, Ophélie Véron affirme non seulement qu’il est temps d’arrêter ces pratiques injustes et injustifiables, mais surtout qu’un autre monde est possible. Dès lors, elle nous encourage, nous rassure, nous déculpabilise, nous aide, et nous aime. Elle nous donne confiance sans jamais douter qu’au fond de chacun, il y émerge « cette révolution heureuse, celle qui construit plutôt qu’elle ne détruit ».

« Face à cette misère, la consommation est un acte politique. Dénonçons, boycottons, achetons autrement, car un autre monde est possible et il ne tient qu’à nous, consommatrices et consommateurs, de nous élever contre ce système. Et si refuser la barbarie est un geste radical, alors soyons radicalement anti-barbares. » Ophélie Véron, p. 239

Ophélie Véron répond à mes questions

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  • Dans quel contexte ce livre est-il né ? 

« Cela faisait longtemps que je ressentais le besoin d’écrire un livre sur le véganisme. Quand je suis devenue végane, il y a bientôt sept ans, j’ai dû me tourner vers des livres américains ou britanniques pour satisfaire mon besoin d’informations et de conseils pratiques sur le véganisme. C’était d’ailleurs cela qui m’avait motivée à ouvrir Antigone XXI : un espace qui allie théorie et pratique pour informer, faire réfléchir, conseiller et aider les gens au quotidien !

Lorsque les éditions Marabout m’ont proposé en 2015 d’écrire un livre qui réponde à la fois au pourquoi et au comment du véganisme, j’ai sauté sur l’occasion ! J’ai mis un peu de temps à m’atteler à sa rédaction et, lors de l’écriture du manuscrit, le projet est vite passé d’un livre court et illustré à un essai de presque 500 pages. C’est que j’avais tant de choses à dire ! Je voulais vraiment pouvoir offrir un livre très complet sur la question, un livre qui réponde à la fois aux questions des personnes curieuses de ce mode de vie, aux apprenti·e·s végés et aux véganes de la première heure, et qui, surtout, s’appuie sur des références solides afin de faire taire les détracteur·rice·s. J’espère y être parvenue ! »

  • Dans ce livre, vous faîtes le choix de ne pas tant jouer la « carte sensible » à propos de l’exploitation animale, de ne pas dire « juste non » mais un « oui juste ». Pourquoi ? Est-il le choix que vous avez toujours fait ?

« On a parfois tendance quand on veut sensibiliser les gens à la cause animale à vouloir tirer sur la corde sensible. Je ne renie pas cette tactique, car l’usage de l’émotion pour faire passer un message peut être efficace. On a parfois trop tendance dans le mouvement animaliste à vouloir tout placer sur le terrain de la rationalité, comme s’il n’était pas assez noble de faire appel à la compassion et comme si celle-ci était réservée aux vieilles dames amourachées de leurs caniches. Dans mon livre, toutefois, j’ai préféré m’en tenir à des descriptions factuelles de l’exploitation animale : je pense que celle-ci parle d’elle-même et que nous n’avons pas besoin d’en rajouter pour que les gens prennent conscience des sévices que l’on fait subir aux animaux.

Cela m’a également permis de me placer entièrement sur le terrain de la justice et de montrer que, quels que soient notre relation et notre attachement à l’égard des animaux, la lutte contre leur exploitation est un combat de justice sociale. On ne défend pas les animaux parce qu’on les aime, mais parce qu’il est moralement condamnable de les exploiter. Placer le combat pour les animaux sur ce terrain, c’est s’inscrire dans une lutte sociale et politique qui met en avant les droits de ces derniers.

planete vegane 6Ensuite, pour moi, le véganisme, ce n’est pas simplement dire non, c’est dire oui autrement. En tant que véganes, nous n’essayons pas uniquement de condamner l’exploitation des animaux, nous proposons une alternative de société. Et cette alternative ne doit pas simplement concerner la vie des êtres humains dont le quotidien ne reposerait plus sur l’exploitation animale, mais elle doit être culturelle, sociale et politique : à nous d’envisager ce que pourrait être la planète de demain, une fois débarrassée de l’anthropocentrisme dominant. »

  • Je vis avec un chien sans collier, porte encore un pull en laine tricoté par ma mère, et un sac à main en cuir hérité de ma grande tante, cela fait-il de moi une végane illégitime ?

« Non, bien sûr ! Ce n’est pas parce qu’on n’a pas entièrement véganisé sa garde-robe ou parce qu’on se rend compte que son dentifrice est testé sur les animaux qu’on n’est pas végane pour autant. Être végane, c’est essayer, autant que faire se peut, de lutter contre l’exploitation animale dans ses propres pratiques quotidiennes. Les produits d’origine animale sont partout, de nos habits à nos cosmétiques, en passant par nos tatouages ou nos médicaments. Il est difficile d’y échapper. Être végane, c’est donc faire de notre mieux malgré ce contexte. Je préfère mille fois des personnes qui font avancer la cause animale, tout en faisant parfois des petits écarts, plutôt que des gens qui ne font rien du tout pour les animaux.

Le mythe de la pureté végane est contre-productif, car il éloigne beaucoup de personnes qui se seraient peut-être engagées en faveur des animaux, mais qui ont peur de devoir faire trop de sacrifices d’un coup. Rassurons ces gens, montrons-leur qu’ils peuvent avancer à leur rythme et qu’aucune « police végane » ne leur tombera dessus pour chaque pull en laine porté ou pour chaque bouchée de fromage ingurgitée. Ce n’est pas la pureté personnelle que l’on vise en devenant végane, c’est mettre fin à l’exploitation animale. Et les animaux s’en moquent si vous portez encore vos vielles chaussures en cuir, du moment que, à côté de cela, vous œuvrez pour promouvoir leurs droits. »

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  • Quand j’ai pris conscience de la réalité des conditions d’élevage et amorcer ma transition alimentaire, mon père m’a confié sa crainte que je devienne « malheureuse » dans une société où le véganisme n’est pas [encore] la norme. Il est vrai que supporter mes proches savourer un foie de veau au restaurant et quelques tranches de saucisson n’est pas toujours évident pour moi… Quel est votre secret, votre astuce à cela ? 

« Il y a plusieurs choses à répondre à cela. D’abord, être végane est de plus en plus facile dans nos sociétés occidentales. En France, l’essor du mouvement végane ces dernières années est impressionnant. Quand je suis devenue végane, il n’y avait que six restaurants ou boutiques entièrement véganes à Paris : aujourd’hui, il y en a plus de trente-six ! Donc non seulement assumer son véganisme est aujourd’hui bien plus aisé que ce n’était le cas auparavant, mais cela risque de le devenir bien plus encore à l’avenir.

Ensuite, il est vrai qu’il peut être psychologiquement difficile d’être végane dans une société où manger des animaux est la norme. Il est déprimant de voir que, malgré tous nos efforts, les choses n’évoluent que lentement, que le nombre d’animaux tués chaque année ne baisse pas et que nos proches continuent à manger de la chair animale sans prendre conscience du problème. Personnellement, j’essaie de ne pas succomber à la déprime qui guette tout·e activiste et je me dis que, plus que jamais, mon combat est nécessaire. Bien sûr, je ne dis pas de ne pas écouter notre ressenti et de sacrifier notre bien-être, mais n’oublions pas une chose : sans nous, rien ne se fera. Ne laissons pas tomber les animaux !

Voilà, c’est ce que je me dis tous les jours, quand je ne trouve pas à manger végane à mon travail, quand on essaie de me piéger sur le cri de la carotte, quand je suis triste de voir que les choses n’avancent pas aussi vite que je le souhaiterais. Je me dis que ce que je fais, je le fais pour les animaux. Alors, à chaque fois que ma vie me semble moins facile qu’avant ou que je rencontre des désagréments, je pense à eux et ma vie me semble alors si facile, si heureuse, que jamais je ne pourrais revenir en arrière. Je suis si heureuse d’être végane pour eux. »

[Mille mercis à Ophélie Véron, pour TOUT. Le monde change et tu y contribues beaucoup.]

planete vegane 7Pour ma part, je suis plus que ravie d’avoir acheté Planète Végane, tant pour soutenir le travail exemplaire d’Ophélie Véron, que pour mon propre intérêt (informations diverses, guidance et encouragements). J’ai envie de l’offrir à tout le monde, que chacune et chacun sache qu’une autre société est possible, une société plus juste, plus propre, et plus empathique.

Pour aller plus loin:

Retrouvez Ophélie Véron sur sa page Facebook ou directement sur son site internet. Elle était également, il y a quelques jours sur la radio/tv belge dont le replay est encore disponible ici. Je vous propose également le site de VEGAN FRANCE, qui répertorie les principaux sites Internet sur les thèmes du véganisme, le site VEGAN PRATIQUE qui est un guide du mode de vie végane, qui répond au questions que nous nous posons et propose des recettes, le site Vegan actu qui recense les dernières actualités en matière de véganisme, et le site VegOresto qui liste les restaurants véganes près de chez nous, de notre travail… ou de notre lieu de vacances !

Je vous souhaite un très bon dimanche les ami.e.s, à très bientôt ! (D’ici là, je compte sur vous pour partager cet article tant que possible !)

 

* «Le véganisme est le mode de vie qui cherche à exclure, autant que faire se peut, toute forme d’exploitation des animaux, que ce soit pour se nourrir, s’habiller, ou pour tout autre but. » Définition officielle de la Vegan Society.

 

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