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Bio + Local + Solidarité = AMAP !

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Repartir chaque semaine avec mon panier débordant de bons légumes bio qui ont poussé non loin de chez moi, je vous assure les copains et copines, c’en est presque jouissif. (Mais si! Mais si!). Tous les mercredis, je suis ravie à l’idée de découvrir de nouvelles saveurs, de sentir encore la terre sur mes légumes, et de me régaler assurément. A cela s’ajoute la satisfaction, voire la fierté, de participer à la garantie du salaire de mon maraîcher, et de sa petite famille. Depuis que je fais partie d’une AMAP, mon alimentation est devenue tout à fait cohérente avec mes valeurs: elle est bio, végétale, locale, saisonnière et solidaire. Mais qu’est ce qu’une AMAP? Où peut-on en trouver près de chez soi? Et, qui sont ces maraîchers passionnés qui choisissent ce mode de production?

 « Cultiver un potager, ce n’est pas seulement produire ses légumes, c’est apprendre à s’émerveiller du mystère de la Vie. » Pierre Rabhi

Qu’est ce qu’une AMAP ?

AMAP signifie: Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne. Elle est le fruit (le légume?!) d’un partenariat entre un groupe de consommateurs et un producteur. Ensemble, ils définissent le type de production (légumes, fruits, pain,…) et sa diversité. Cette dernière est souvent considérable afin de satisfaire le plus grand nombre et limiter les risques phytosanitaires. L’engagement, par tranche d’une année, est mutuel. Les consommateurs s’engagent financièrement auprès du producteur (le prix du panier est fixé équitablement) ce qui lui garantit un salaire, couvre ses frais de production, tout en lui permettant de savoir exactement combien de ventres doit-il nourrir (ou plus exactement combien de bouches doit-il régaler). De la sorte, le gaspillage est limité, d’autant que la production n’est pas soumise aux normes de standardisation. Chaque semaine, la récolte est partagée, et les AMAP’iens viennent récupérer leur panier, soit leur part de récolte comme aime le souligner mon maraîcher. Egalement ils viennent aider, échanger, troquer, remercier, découvrir… Certains producteurs s’engagent à partager l’intégralité de leur récolte, tandis que d’autres en vendent une partie, en magasin ou ailleurs.

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Pour ma part, j’adore ce concept. Il correspond tout à fait à mon éthique alimentaire, écologique et morale. Je suis heureuse de faire confiance à mon maraîcher et de prendre le risque avec lui des aléas naturels. La contrainte du rendez-vous hebdomadaire est relativement vite oubliée au vue des liens crées avec les autres AMAP’iens. Par ailleurs, je n’ai peut être pas le choix des légumes mais, ceci me permet d’en découvrir régulièrement des nouveaux (« Nan, mais sérieusement, quelqu’un sait comment cuisiner les choux raves?! Et les fèves, on doit vraiment enlever la deuxième peau pour les manger?! »), et parfois d’en troquer (« Hé Bernard, tu n’échangerais pas tes épinards contre ma Batavia? »). Enfin, ce que j’apprécie le plus, c’est de repartir chaque semaine, mon panier de légumes sous le bras et un sourire jusqu’aux oreilles, en déclarant: « Merci Thomas. Grâce à toi, nous nous régalerons à coups sûrs cette semaine!« 

Dans ce post, je souhaite également vous faire découvrir l’AMAP du côté des maraîchers, c’est pourquoi je vous propose de rencontrer Marc, maraîcher bio d’une AMAP en Seine-et-Marne…  Maaaarc ! Sous vos applaudissements… ! 

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Rencontre avec Marc, maraîcher bio d’une AMAP en Seine-et-Marne

« Bonjour ! Je m’appelle Marc, j’ai 34 ans, et je suis Seine-et-Marnais. Je suis maraîcher en bio, installé depuis 2013. Au quotidien, j’aime surtout la nature, les arbres, la Vie,.. le vert quoi! Je suis aussi très influencé par le mouvement Rastafari, dans sa culture comme dans sa musique et surtout dans son rapport à la terre… »

-As-tu toujours voulu travailler la terre ? Comment est né le projet de l’AMAP ?

« Non, je me suis longtemps cherché jusqu’à ce que je sois piqué par « la culture du légume », en BTS Production horticole. C’est là, que j’ai réellement trouvé ma voie, ma passion. Avant, j’ai fait un bac pro, mais pas du tout dans ce domaine. En revanche, j’ai toujours été quelqu’un qui vivait dehors, qui cultivait des plantes, qui allait aux champignons, ou en forêt... Quand je me suis installé en maraîchage, j’ai tout de suite voulu collaborer avec une AMAP. Mais, ma structure est si grande (6000 m2 sous serre & 1,5 ha en plein champs) que je ne pouvais pas me permettre -financièrement- d’utiliser uniquement ce circuit de commercialisation; Alors, je me suis diversifié, et maintenant, je vends également sur les marchés, à la Biocoop et pour quelques épiceries. »

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« Travailler avec la Nature, c’est vraiment composer au quotidien. »

-Quelle serait ta propre définition d’une AMAP? D’après toi, quelles en sont les valeurs primordiales?

« Pour moi, les AMAP sont fondées essentiellement sur l’échange, la confiance, l’entraide et l’empathie. Les AMAP’iens sont des personnes qui croient en nos projets, parfois fous. Elles comprennent que notre travail dépend aussi des éléments (le vent, la pluie, la chaleur…) et sont prêtes à prendre « le risque » avec nous. Pour réussir une culture, il nous faut savoir être patient, acquérir de l’expérience et apprendre de ses erreurs. Travailler avec la nature, c’est vraiment composer au quotidien.« 

-Quand as-tu su que tu tenais à faire de ton maraîchage, une agriculture biologique?

« Je n’ai jamais réalisé cela puisque pour moi, le maraîchage c’est, par définition, une manière d’être en accord avec la nature. Je ne me suis jamais imaginé avoir recours à des engrais chimiques, pesticides, fongicides et j’en passe. Sur l’exploitation, chaque plante a sa place: Les « bonnes » comme les « mauvaises », chacune y trouve son compte. Nous luttons contre les insectes manuellement ou à l’aide de certains végétaux. »

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« Pour moi, le maraîchage c’est, par définition, une manière d’être en accord avec la nature« 

-Quels sont, selon toi, les principaux intérêts pour un consommateur de privilégier une AMAP plutôt qu’un commerce de proximité ? 

« L’intérêt est d’une part dans la qualité des produits, et d’autre part, dans la traçabilité. En effet, puisque tout vient de chez le producteur, les AMAP’iens peuvent échanger directement avec le maraîcher. Chaque fruit, chaque légume a une histoire qui peut être racontée : « Ah bah, le tracteur est tombé en panne, pile sur cette planche de salades! », « Hou là, ces tomates-là ont eu de la chance, car un peu plus et les pieds prenaient le gel! » 

-Quels sont, selon toi, les principaux intérêts pour un agriculteur de collaborer avec une AMAP ? 

« Les échanges avec les AMAP’iens et leur soutien, voilà ce qui donne le force de continuer à travailler d’arrache-pieds. »

-Qu’est ce que tu aimes le plus dans ce travail?

« Ce sont les défis que la nature propose ! Réfléchir en permanence à comment mieux faire pousser mes légumes, pour qu’ils soient les plus bons et beaux possibles. Ce que j’aime aussi, c’est nourrir les gens. Je veux qu’une fois à table, ils savourent mes produits ».

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« Ce que j’aime, c’est nourrir les gens. Je veux qu’une fois à table, ils savourent mes produits. »

-Quelles sont les difficultés que tu rencontres? 

« Il ne faut pas croire, c’est un métier très stressant. Les principales difficultés sont d’ordre financier. Comme je ne suis pas fils de paysan, j’ai dû m’installer tout seul, avec l’aide de ma famille. J’ai commencé sans trésorerie, et quatre ans plus tard, c’est toujours très compliqué. Je n’ai pas le droit à l’erreur où mon exploitation risque la faillite. Mon tracteur n’a pas le droit de tomber en panne, et je ne peux pas rater ma culture de fraises… C’est hyper stressant ! Par exemple, les inondations de l’année dernière m’ont fait perdre beaucoup d’argent, et aujourd’hui, c’est toujours très dur, malgré tout le travail que j’effectue. Les gens ne s’en rendent pas forcément compte… »

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« Il ne faut pas croire, c’est un métier très stressant »

-La demande est de plus en plus forte: Une étude récente démontre que les français fréquentent moins les supermarchés tandis que le bio semble se démocratiser, ressens-tu, comme moi, le vent du changement ? L’optimisme en ce qui concerne l’avenir de notre planète et de nos enfants, fait-il partie intégrante de ton travail? 

« Je suis quelqu’un de très optimiste dans la vie. Je sens bien que les gens veulent de plus en plus manger local et non traité. Ici, ils sont contents de savoir d’où viennent leurs produits et je suis heureux de leur proposer de la nourriture saine. A ce propos, je produis ce que je mangerais moi-même.« 

[Merci beaucoup Marc]

Où trouver une AMAP près de chez soi?

Alors, les copains & copines, l’aventure vous tente ? Pour trouver une AMAP près de chez vous, il vous suffit d’aller sur l’annuaire des AMAP ici pour la Province ou  pour l’île de France.

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D’ici là, je vous dis à très bientôt, les copains & copines, et souhaite à tous… un bon appétit végétal !

[Vive les maraîchers et les pois cassés !]

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