Coups de cœur, coups de pied

Au moment T

moment présent

Revenue boostée par l’air marin d’une petite escapade en Bretagne, je ne suis pas d’humeur à vous écrire un post coup de poing mais plutôt à partager avec vous cette belle énergie… avant qu’elle ne s’évapore dans les méandres du quotidien. Là-bas, j’ai rendu visite à Colette, une ancienne collègue revenue vivre sur sa terre natale après des années en région parisienne. Colette est une de ces perles de l’Humanité, comme j’aime les appeler, dont je me sens chanceuse d’avoir croisée son chemin. Avec ses cheveux d’un blanc impeccable et son cœur aussi bon que sage, elle m’a transmise ses bonnes ondes, le temps d’un déjeuner dehors et d’une balade dans les bois, dont je me dois d’en prendre soin maintenant.. Au détour d’une conversation dans laquelle je lui racontais mes projets (et leurs inséparables plans B & C), elle m’a dite cette phrase dont j’aimerais en faire mon nouveau mantra…

« Il est inutile de souffrir par l’imagination.. »

Quand Colette a prononcé cette phrase, elle a raisonnée en moi comme un bol tibétain cogné avec toute la force d’un Pokémon. C’est vrai, comment n’y ai-je pas pensé moi-même? J’étais entrain de me faire du mal à imaginer le pire d’un futur proche alors qu’à ce moment-là, il n’en était rien! Ces fausses suppositions, censées me préparer d’un « au cas où », ne sont qu’au final, souffrances inutiles de mon imaginaire puisqu’elles n’appartiennent pas au réel, celui du présent. C’est dingue quand on y réfléchit, l’Humain est-il masochiste de nature ? Ou serait-ce la peur, émise d’une société psychologiquement insécurisante, qui prendrait les rennes de notre mental, bien trop souvent? Quoiqu’il en soit, moi j’aimerais bien bannir ce genre d’auto-tortures psychologiques, gratuites et surtout inutiles de mon quotidien, mais par où commencer?

moment présent 3

« Il n’y a qu’un chemin pour le bonheur, c’est de cesser de nous tracasser pour des choses qui ne dépendent pas de notre volonté. » Epictète

Vivre le moment présent

Cette idée a un goût de « déjà entendue milles fois » et de « facile à dire », j’en conviens. J’en avais d’ailleurs déjà écrit quelques lignes dans l’article La dictature de la montre, il y a quelques mois. Méditer, pratiquer la pleine conscience, tout cela nous parle déjà. Mais, il est à comprendre aussi que seul le présent existe. Le passé n’existe plus, et le futur n’existe pas encore. Seul le présent existe, celui-là même dans lequel vous lisez ces quelques lignes. Ce que vous avez fait l’année dernière, hier, ou il y a une heure, n’existe pas. Cela a existé certes, mais n’existe plus, là maintenant. Et ce que vous ferez dans 5 mn, dans deux jours, ou aux prochaines vacances, n’existe pas non plus, du moins pas encore (et sûrement pas comme vous l’imaginez maintenant de toutes façons). Pas facile à concevoir, c’est vrai, nous sommes tellement englués dans un quotidien planifié, chronométré & un futur à prévoir, en fonction de nos envies certes mais aussi selon nos peurs, des « sait-on jamais »… A ce propos, je me rappelle d’un passage du livre Le philosophe qui n’était pas sage de Laurent Gounelle:

« -J’ai appris, pour ton arc, dit Krakus. C’est vraiment dommage, c’était vraiment le plus beau de tous; […] -Mais de quoi parles-tu? -De ton arc, bien sûr. -Je n’ai pas d’arc. […] -Je t’ai vu hier avec. Tu en avais un magnifique, splendide… -Hier peut être, mais aujourd’hui je n’ai pas d’arc. C’est ainsi, dit-il le plus tranquillement du monde. -Tu dois le regretter, dis pas le contraire! Ça doit bien te décevoir un peu, quand même! -Cet objet n’existe plus. Pourquoi serais-je déçu de quelque chose qui n’existe pas? Krakus s’emporta. -Hier, il existait bien, quand même! -Mais hier a disparu, mon ami. Nous sommes aujourd’hui, toujours aujourd’hui. »  

moment présent 2« L’effet Pygmalion »

Vivre le présent d’accord, mais ne devrait-on pas le vivre comme si le meilleur du futur avait déjà existé ? En clair, se pourrait-il qu’en se comportant comme si une chose était déjà arrivée, cette dernière arrive ensuite? Du moins, c’est ce que prouvent quelques expériences en psychologie sociale, sous le nom de « l’effet Pygmalion », considéré comme une « prophétie autoréalisatrice« . En fait, il désigne l’influence d’hypothèse sur l’évolution de tel ou tel projet/personne/… Dans la mythologie, Pygmalion était un sculpteur célibataire qui avait sculpté une femme en ivoire dont il est tombé profondément amoureux. Revenant chez lui après une fête dédiée à Vénus, la déesse de l’Amour, il embrassa passionnément sa statue qui prit vie aussitôt.

Je me rappelle comme si c’était hier, de ma prof de psycho nous racontant cette « psychologie des attentes » à travers deux expériences de Rosenthal et Jacobson. Elles m’ont tellement interpellée que j’y pense encore régulièrement; Ce pourquoi, je me propose ici de vous les transmettre à mon tour..

moment présent 4

  • En 1950, Rosenthal a séparé en deux groupes douze rats de manière totalement aléatoire puis a demandé à quelques étudiants en psychologie de juger l’intelligence de ceux-ci à travers la réalisation de labyrinthe. L’expérimentateur a faussement précisé au préalable que le premier groupe de rats était susceptible d’être plus intelligent que le second. Les résultats ont alors largement confirmé la fausse hypothèse, si bien que certains rats du deuxième groupe ne sont même pas parvenus à quitter la ligne de départ. L’analyse raconte que les étudiants qui s’attendaient à voir de meilleurs résultats chez le premier groupe de rats, leur ont manifesté davantage d’attention, de confiance en eux, et de sympathie.
  • Quelques années plus tard, Rosenthal et Jacobson font une expérience similaire au sein du milieu scolaire. Ils font passer de faux test de QI à 650 élèves. Les faux résultats sont attribués de manière totalement aléatoire aux élèves. Les expérimentateurs se débrouillent pour que les enseignants les découvrent, avant d’ajouter des fausses prophéties du genre « tel élève a un rythme plus lent que les autres », « tel autre connaîtra un développement rapide cette année », etc. « Mais surtout, n’en dîtes rien aux élèves ». Au bout d’un an, puis deux, les expérimentateurs ont refait passer les tests aux élèves, et les fausses prophéties se sont révélées vraies, par induction inconsciente des enseignants.

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« Si un problème a une solution, il est inutile de s’en inquiéter. S’il n’en a pas, alors s’inquiéter n’y changera rien » Proverbe tibétain

C’est donc dingue, ce que peut induire maintenant pour plus tard, non? Tiens, d’ailleurs, cela me fait penser à un autre extrait d’un livre de Laurent Gounelle, Et tu trouveras le trésor qui dort en toi:  « -Eh bien voyez-vous, la technique que je propose s’appuie sur une caractéristique étonnante de notre système nerveux: il ne fait pas la différence entre le réel et le virtuel […] Vous ne me croyez pas? Très bien. Fermer les yeux… Bien. Maintenant, ouvrez la bouche.. Imaginez que j’approche un citron de vos lèvres… et que je le presse d’un coup afin d’en faire gicler le jus sous votre langue! Alice ressenti immédiatement la salive s’affluer dans sa bouche. -Votre organisme a réagi comme si c’était vrai, n’est-ce pas? […] Le virtuel a la même influence sur nous que le réel. […] Je vous invite à penser à votre situation professionnelle, à vos projets si vous en avez, et je voudrais que vous notiez sur un papier le montant espéré de vos revenus dans trois ans: le revenu maximal de revenus que vous vous sentez capable d’atteindre d’ici trois ans, ainsi que votre parcours pour y arriver. Je vous laisse réfléchir… […] Très bien, Alors j’ai une mauvaise nouvelle pour vous… […] Vous ne gagnerez jamais plus. C’est la limite que vous vous donnez. Et voyez-vous, on ne dépasse jamais les limites que l’on se donne. […] Alors, on va aller au plus simple: considérez ce revenu multiplié par trois, et faîtes comme si c’était vrai. Jouez à prétendre à vous-même que vous allez effectivement gagner ça. Projetez vous dans le futur, visualisez-vous dans trois ans, comme si vous y étiez maintenant, et imaginez-vous entrain de gagner ce revenu, ressentez ce que ça fait, savourez la situation, puis penchez-vous sur les trois années écoulées virtuellement qui vous ont mené là et regardez le chemin parcouru: qu’avez-vous fait, qu’avez-vous entrepris comme action pour en arriver là? […] L’argent n’est pas le point essentiel dans cet exercice. Il est surtout question de l’accès à nos ressources, de libération des énergies qui sommeillent en nous, et l’argent n’est ici qu’une métaphore de nos possibilités, une façon de mesurer ce que l’on s’autorise à faire, ce que l’on s’autorise à recevoir. »  

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Colette a bien raison: Supposer un futur négatif est non seulement une souffrance inutile puisqu’il n’existe pas, (seul le présent est) mais aussi néfaste puisque le poids de ces prédictions dans le présent induit fortement un futur qui y ressemble. Donc, à vos pensées positives, les copains & copines ! 🙂

 

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2 commentaires sur “Au moment T

  1. Pauline, Merci pour ce bel article qui dit bien le sens de l’accélération du monde dans lequel nous vivons et les effets anxiogènes. A ce sujet, le film Tout s’accélère que nous avons diffusé en fin de Forum t’aurait passionné. Anne

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