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Des larmes de lait

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De sa couleur immaculée, le lait dans lequel trempent nos céréales semble bien innocent. Et quand il se déguise en beurre, en crème fraîche, voire en glace au chocolat, nous lui offririons presque « le Bon Dieu sans confession ». Pourtant, il suffit de le regarder d’un peu plus près pour admettre qu’il n’est pas si glamour… Bien, au contraire! (c’est quoi le contraire de « glamour » au fait?). En effet, le lait est, non seulement récolté dans une souffrance terrible, mais aussi, souvent mauvais pour la santé, malgré les ritournelles mensongères de l’industrie laitière dans ce pays qui est le nôtre, culturellement très attaché à ses fromages puants.

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« Cet attachement émotif au lait, c’est la victoire d’une industrie qu’on peut sérieusement contester » Elise Desaulniers, 2017

Comme vous peut-être, j’ai grandi à grands coups de verres de Yop endiablés au petit déjeuner, et de délicieux chocolats chauds au goûter tout en chantonnant « Les produits laitiers sont nos amis pour la vie!« , mélodie publicitaire indécente et mensongère de l’industrie laitière. J’étais bien loin d’imaginer la triste réalité qui se cachait derrière tous ces petits régales, ni la remise en cause de l’équation lait = santé. Mais l’illusion n’a qu’un temps et un beau jour, je me suis sentie prête à ouvrir les yeux.. Quel choc, quelle désillusion, quelle tristesse, quelle culpabilité.. Et quelle révolte! Alors, dans un souci d’un monde plus juste et plus conscient, je tiens aujourd’hui, à partager avec vous, ces informations, ces réflexions, et ces alternatives, que je considère essentielles.

Une réalité qui dérange un peu.. beaucoup !

« Il y a probablement plus de souffrance dans un verre de lait ou une glace que dans un steak » Gary L. Francione, philosophe & juriste, 2008

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Madame vache est un mammifère, comme nous. Comme nous, elle est dotée d’un cortex cérébral plus ou mois complexe, et notamment d’un système limbique, appelé aussi cerveau émotionnel, qui lui permet (entre autres) de ressentir la peur, l’amour, le plaisir, l’envie de jouer, et surtout l’attachement maternel, comme nous. Comme nous, elle éprouve donc un amour inconditionnel pour son enfant, et comme nous, elle produit naturellement du lait pour le nourrir, (et uniquement pour cette raison!). Il est donc primordial de comprendre que Madame Vache n’est pas plus que nous, destinée à produire du lait sans fin. Madame Vache produit du lait parce qu’elle a eu un veau, c’est tout. En voilà un premier point crucial. 

Mais, si le veau boit le lait de sa maman, il n’y en a pas pour nous ! Alors, nous les séparons, et tant pis s’ils se pleurent l’un et l’autre durant des jours et des jours. Pendant ce temps, Madame Vache passe à la trayeuse. Quant au veau, nous l’affamons (car nous préférons les viandes blanches), nous le tuons, et nous le mangeons: deuxième point important. Enfin, sauf si c’est une femelle; dans ce cas, nous la gardons sous le coude pour la relève, à grands coups de lait en poudre et mutilations diverses (écornage, amputation des queues, …) sans anesthésie.

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Nous pourrions nous imaginer que, si Madame Vache est gestante, c’est bien qu’elle a fricoté avec Monsieur Taureau, aussi viril soit-il, et qu’elle a au moins ça pour elle. Et bien, non. Madame Vache est inséminée du sperme de Monsieur Taureau, lui même récolté par un masturbateur. Pour information, selon l’article 222-23 de notre Code pénal à nous, «tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise » est la juste définition d’un viol. Deux poids, deux mesures ? Je ne vous le fais pas dire! En voici donc le troisième point à retenir.

Et puis, ce petit manège masturbation- insémination- séparation, cadeau du premier anniversaire de Madame Vache, recommence en moyenne 6 fois dans sa vie. Durant ce temps, pas de pâturage en vue, pas de ciel bleu à l’horizon. Elle est attachée à une stalle si étroite qu’elle ne peut pas se retourner, dans un souci de productivité paraît-il. Elle est même traite pendant ses grossesses jusqu’aux deux derniers mois de la gestation. Ensuite, si elle n’est pas décédée entre temps de malformations ou infections dues à une surproduction de lait, Madame Vache est envoyée aux encans, soit les enchères. Elle est déjà appelée « viande »: elle monte sur la balance, on la regarde de haut en bas, on estime un prix de sa chair, puis est envoyée à l’abattoir, à tout juste 7 ans. RIP Madame Vache.

« En France, 80% de la consommation de viande bovine vient de vaches « réformées », arrivés au terme de leur production laitière, soit après six ou sept ans. » évoque Elise Desaulniers dans son livre Vache à lait, 2017. Et ce sera le dernier point à retenir du triste sort de Madame Vache.

Boire du lait n’est pas naturel

« Loin d’être « naturel », notre goût pour le lait est avant tout culturel » Elise Desaulniers.

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Le lait est naturel.. pour les bébés non sevrés de l’espèce dont celui-ci est extrait. Autrement dit, un veau qui boit du lait de vache, c’est normal. Un nourrisson humain qui boit du lait de sa mère humaine, c’est normal aussi. Mais un enfant humain, ou pire un adulte humain qui boit du lait de vache, c’est tout sauf naturel, et nous sommes bien les seuls êtres vivants à considérer « normal » ce genre de pratique des plus étranges ! D’ailleurs, la lactase, (l’enzyme qui nous permet de digérer le lait), est exceptionnellement conservée à l’âge adulte dans le monde des humains, et relève d’une mutation génétique. Ainsi, « l’utilisation de l’expression intolérance au lactose illustre un biais culturel important. Il vaudrait mieux parler de persistance de la lactase pour la minorité de la population [mondiale] capable de digérer le lait plutôt que de créer une pathologie qui n’en est pas. » déduit intelligemment Elise Desaulniers.

Puis, elle ajoute : « Si tout le monde ne boit pas de lait, il ne peut donc pas être indispensable ». Et elle a bien raison. La nature est trop bien faite pour que notre santé dépende du lait d’une autre espèce animale ! Notre santé a besoin de calcium, de vitamines A, B et D, de protéines, de glucides et lipides, et divers minéraux, et nous en trouvons dans le lait animal, certes. Mais, le monde végétal en regorge également; (voir paragraphe « les alternatives au lait animal »).

En revanche, le lait animal contient aussi des tas de cochonneries dont notre santé, si chère à nos yeux, se passerait bien. A ce propos, Elise Desaulniers ajoute: « Les produits laitiers contiennent des hormones (- de grossesse et de croissance – puisque, rappelez-vous, les vaches sont traites même lorsqu’elles sont gestantes), des allergènes (au moins 30 protéines susceptibles de provoquer des réactions allergiques), du lactose, des gras saturés du cholestérol, de la casomorphine (peptide dont les effets sont similaires à la morphine), et des pesticides, des éléments qui, selon plusieurs études, seraient liés à un nombre étonnant de problèmes de santé.« 

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Le lait, c’est pas écolo

En plus d’être néfaste pour notre santé, la production du lait animal est un désastre écologique. Puisqu’il est convenu que l’élevage est responsable de 18% de gaz à effet de serre, nous sommes contraints d’admettre que la production d’un seul kilo de fromage puisse être responsable de 13,5 kg de CO2, soit l’équivalent de 80 kms en voiture, un bout de gruyère coincé dans au fond de la gorge. Cela s’explique notamment par la production céréalière nécessaire pour nourrir les vaches et le méthane libéré lors de leur digestion, les engrais, les pesticides, les combustibles fossiles, le transport routiers voire aériens, etc. Et cela coûte cher en plus: « Les émissions de GES comptent pour 1, 143 millions d’euros de la facture totale de l’industrie laitière, auxquels il faut ajouter 1,4 milliard pour compenser la pollution de l’air, principalement les émissions d’ammoniac », précise Elise Desaulniers; avant d’ajouter: « Des études récentes montrent que, du point de vue de l’impact écologique moyen, il est préférable d’être végane ne serait-ce qu’un seul jour par semaine plutôt que d’être locavore sept jour sur sept. »

Les alternatives au lait animal

« Dès l’instant où l’on a le choix, je ne vois pas comment faire souffrir un animal pour notre simple plaisir pourrait être justifiable » Elise Desaulniers.

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« Comment remplacer le lait? La réponse est simple: le lait n’a pas à être remplacé! S’il n’est pas essentiel à notre santé, ses substituts ne le sont pas non plus. Le lait ne contient aucun nutriment qui lui sont propre; ses vitamines et minéraux sont également présents dans de nombreux végétaux qui ne sont pas blancs et liquides. » balance Elise Desaulniers, sans sourciller.

Comme je vous le disais dans le paragraphe précédent, le monde végétal nous offre ce que le lait animal nous propose sans les inconvénients. A propos du calcium notamment, le site Vegeactu précise qu’il « est contenu dans toutes les graines oléagineuses (tournesol, sésame, amande…), les noix, les légumineuses (lentilles, pois cassés, haricots), tous les légumes verts (épinards, haricot vert, persil, salade), mais aussi dans beaucoup de fruits (baie de goji, cacao, argouse, cassis, pastèque, orange, kiwi, mûre). » Et puis, ce n’est pas tant la quantité qui compte mais plutôt la qualité d’absorption ! Elise Desaulniers, ajoute: « La biodisponibilité d’un aliment, c’est la proportion qui va effectivement agir dans l’organisme par rapport à la quantité absorbée. Le calcium contenu dans de nombreux végétaux a une biodisponibilité plus importante que le calcium du lait. En moyenne, on absorbe 30% du calcium des produits laitiers […]et le double pour certains légumes verts comme […] le brocoli…« 

Pour ce qui est de la vitamine D, rien ne vaut un bon bain de soleil ! (Et en hiver, à moins que nous ne travaillions dehors, il est nécessaire de se complémenter, omnivores également!).

Et « côté pratique », il existe dans le commerce (à moins que vous ne préfériez le fait-maison) un tas de « laits » végétaux diverses, tels que le lait de noisette, le lait d’amande, le lait d’avoine, le lait de soja, le lait de coco, … qui remplaceront ni vu ni connu le lait animal dans toutes vos recettes sucrées ou salées. Egalement, vous trouverez du beurre végétal, des yaourts végétaux, de crèmes dessert végétales, voire même des fromages végétaux ! (J’en profite pour vous renvoyer vers mon article Apéro Végan où vous trouverez une recette maison d’un faux-mage à base de noix de cajou).

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Pour aller plus loin:

Je vous suggère la lecture du nouveau livre d’Elise Desaulniers « Vache à lait, 10 mythes de l’industrie laitière », 2017, dans lequel j’ai puisé mes sources pour cet article. Je vous conseille également le superbe article de la blogueuse Antigonexxi, celui qui m’a permise de réaliser en premier le paradoxe du lait et d’en changer définitivement mon regard, derrière son titre des plus innocents: Antoine et Aloïs ❤ Et pour finir, je vous renvoie au site « vegan-pratique » , véritable guide sur lequel étayer nos régimes cruelty free !

Alors, les copains & copines, qui reprendrait bien un petit morceau de fromage… végétal?

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