Il y a des jours comme ça..., Questions de société

Consommer, c’est voter

 

toa-heftiba-128693A quelques mois des Présidentielles, les grands discours et les belles promesses ne manquent pas. Et que vous vivrez mieux si je suis élu, et que vous ne regretterez pas d’avoir voté pour moi, et que ci, et que ça. Mais franchement, les copains & copines, entre vous et moi, devons-nous toujours nous satisfaire de déposer notre voix dans une urne tous les 5 ans pour nous sentir citoyen ayant fait notre part ? Devons-nous toujours attendre que le changement vienne d’en haut ? Pour ma part, la réponse est évidente: Bien plus qu’un bulletin de vote, nous avons une arme quotidienne infaillible, un contre-pouvoir considérable, une réelle possibilité de choisir qui relèverait presque d’une responsabilité individuelle : Nous avons notre porte-feuille

« Acheter en conscience aide à faire évoluer le système social dans un sens ou dans un autre. » Pierre Rabhi

Acheter, c’est cautionner..

« Chaque année, nous faisons de milliers d’actes d’achat, tandis que nous votons rarement plus d’une fois. Chacun de ses actes participe à orienter la société dans un sens ou dans un autre. Nous avons donc des milliers d’opportunités de choisir et de construire, chaque jour, le monde dans lequel nous voulons vivre. » Le mouvement Colibris et Le Marché Citoyen. En effet, notre argent, celui que nous dépensons est celui qui financera les entreprises commerciales concernées (qui elles-mêmes pourront éventuellement financer -donc influencer- les politiciens). De la sorte, il existe un réel feed-back entre la production et notre consommation. Consommer n’est donc pas un acte anodin mais bel et bien un excellent moyen -facile et quotidien- de décider de ce que nous voulons (et de ce que nous ne voulons pas) non seulement dans nos assiettes et dans notre maison, mais aussi pour notre société, notre planète et le monde de demain. A ce propos, Natasha du super blog Les échos verts » l’exprime parfaitement: « À chaque fois que je sors une pièce, un billet ou ma carte bancaire pour régler un produit ou un service, je soutiens une marque, une boutique, une entreprise. Chacun de mes achats suggère que ces produits et services me plaisent et me sont nécessaires et chaque centime que je verse à ces commerçant.e.s leur donne les moyens de continuer à vivre de leurs ventes, voire de se développer. ».

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Alors, puisque nous sommes dans une société dite de consommation, autant que cette dernière nous ressemble un peu et reflète le plus possible nos valeurs.

« Si l’humanité ne prend pas conscience de son inconscience, on va droit dans le mur. » Pierre Rabhi.

Pour ma part, si je privilégie les petits commerces de proximité, je soutiens une économie locale (au risque d’un choix restreint) et limite mes émissions de CO2, tandis que si je préfère les grandes surfaces, j’entretiens un système capitaliste et son économie mondialisée, standardisée, souvent insoucieuse de son impact humain et environnemental. Si je refuse désormais une alimentation carnée, c’est parce que je me refuse de financer la normalisation de l’exploitation animale contribuant à la faim dans le monde, à la pollution de la planète et à la souffrance d’êtres sensibles que sont les animaux (Voir mes articles Etre végét(ou)rien/Tu veux que je t’aide à couper ta viande ?/Amour (de) vache/Copain comme cochon). Si j’achète des végétaux aux gabarits irréprochables à bas prix, cultivés à l’autre bout de la Terre à grands coups de pesticides, j’entretiens une agriculture inégalitaire, néfaste pour ma santé, celles des autres consommateurs, des agriculteurs, des animaux et de la planète; tandis que si je suis prête à payer un peu plus cher pour me régaler bio, je soutiens des agriculteurs qui prennent des risques, au profit d’un système raisonné, durable, et respectueux de la Vie, sous toutes ses formes. (Voir mon article Manger bio, c’est bobo ?). Et cétéra, et cétéra.

« Je ne veux pas participer à ce modèle de société qui a donné à l’argent plus d’importance qu’à la Vie. » Pierre Rabhi

Bref, même si nous sommes parfois pleins de contradictions, même si nous sommes imparfaits -et c’est tant mieux- , il est grand temps, copains & copines, de faire de nos achats des choix conscients, de faire de notre consommation « notre consomm’action ». (Ah mais je n’ai jamais dit que c’était chose facile !) C’est l’occasion parfaite de nous définir par nos actions et non plus par nos jolis discours. Le « pouvoir d’achat » n’a jamais porté aussi bien son nom. 

« La conscience est probablement ce lieu intime où chaque être humain peut en toute liberté prendre la mesure de sa responsabilité à l’égard de la vie. » Pierre Rabhi.

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…Mais acheter moins, c’est encore mieux

Acheter mieux, c’est déjà très bien. Mais acheter moins, n’est-ce pas encore mieux ? Parce que, la croissance infinie est non seulement un leurre en soi mais également une illusion de bonheur. (« On nous fait croire, que le bonheur c’est d’avoir, de l’avoir plein nos armoires, dérisions de nous dérisoires, lalalalaa ». Merci Alain!

Consommer, par définition, c’est utiliser des ressources naturelles (Voir mon article No impact man) pour répondre à nos besoins. Encore faudrait-il qu’ils ne soient pas eux-mêmes crées par la consommation en elle-même, ce qui ferait de notre consommation, du consumérisme. Vous me suivez ? Alors, ne pourrions-nous pas seulement ajuster nos besoins réels et notre insatiable envie d’avoir ? Pourrions-nous nous poser simplement la question avant chacun de nos achats: En ai-je réellement « besoin »? 

« La modération, c’est ajuster l’indispensable et le nécessaire et réduire le superflu. » Pierre Rabhi

Si la réponse est oui, il peut être parfois très intéressant (économiquement parlant mais pas seulement) de faire appel au marché de l’occasion et du don. Cette alternative me semble hyper intéressante dans la mesure où elle peut satisfaire nos besoins/nos envies tout en limitant notre impact écologique et notre soutien à la consommation de masse. A l’arrivée des beaux jours, les brocantes vont fleurir un peu partout, tandis que les friperies redeviennent tendance et la Toile regorge de plate-formes de dons et de vente d’occasion (Le bon coin, VintedJedonnetout.com,…)

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« Un jour, il nous faudra bien répondre à notre véritable vocation, qui n’est pas de produire et de consommer sans fin, mais d’aimer, d’admirer et de prendre soin de la Vie sous toutes ses formes. » Pierre Rabhi.

Pour aller plus loin:

Je vous propose le site Le Marché Citoyen, l’annuaire pour consommer autrement, qui répertorie plus de « 12000 points de vente respectant les Hommes et la planète près de chez vous ». Je vous renvoie également à cette courte vidéo dans laquelle Chico Whitaker nous explique que le pouvoir est dans notre porte-monnaie, et celle-ci dans laquelle notre cher Pierre Rabhi nous présente la croissance non pas comme une solution mais comme un problème. Je vous invite aussi à regarder cette Conférence TedX de Levent Acar pour tout comprendre le boycott comme un outil pacifique, efficace et démocratique.

A très vite, les copains & copines, n’hésitez pas à partager l’article si celui-ci vous a plu, mais d’ici là …

[Vive nos vrais choix et les petits pois!]

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5 thoughts on “Consommer, c’est voter”

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