Il y a des jours comme ça...·Questions de société

Le complexe de la Parfait’titude

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Copains et copines, si l’année s’annonce végétale pour vous aussi, du fond du cœur: BRAVO. Mais d’abord, permettez-moi d’échanger avec vous quelques réflexions à ce propos, non pas pour vous décourager, (bien au contraire!) mais pour vous aider à comprendre les inévitables remarques de ceux qui ne feront pas ce choix. (Du moins pas encore ! Hihi! ). Car, pour ma part, le plus difficile dans cette démarche n’a pas été de refuser une saucisse grillée au barbecue ni les lasagnes cuisinées avec amour de ma marraine adorée, mais bel et bien d’encaisser les « taquineries » plus que moins bienveillantes de mes pairs. Alors, à moins que vous ne soyez nés dans une famille végétarienne, et entourés d’amis ayant déjà fait ce choix, vous n’y couperez pas, je vous l’assure.

C’est un fait. Il est un choix qui fait parler: Il y a ceux qui qui nous félicitent, nous soutiennent, saluent notre « courage » et nous cuisinent de bons petits légumes. Personnellement, ils me font un effet « doudou » qui tient chaud et qui rend plus fort. Il y a aussi ceux qui ne commentent pas, sous entendant « fais ce que tu veux, mais laisse-moi tranquille », et ça, j’aime beaucoup aussi. Quel soulagement de n’avoir pas toujours à se justifier. Mais puisque, je vous dis que j’adore les épinards ! (Même si, le débat fait avancer les choses, je le conçois tout à fait. Simplement, quand il devient permanent, il est énergivore) Et puis, il y a ceux qui font ce qu’il peuvent de cette information et qui, disons, « taquinent ». C’est de celles-ci dont j’aimerais vous parler aujourd’hui, sans aucune rancune, ni rancœur. J’aimerais seulement partager avec vous le recul que j’ai pris vis-à-vis de ces remarques en imaginant qu’un tel choix, comme celui d’être végétarienne, peut renvoyer à d’autres, des choses que nous ne maîtrisons pas.

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Pourquoi ce choix fait-il parler d’abord ?

D’après moi, il y a trois raisons essentielles à cela. La première étant que l’alimentation concerne tout le monde. Ainsi, chacun est légitime d’émettre son avis. Et d’un avis en appelant un autre… Nous en sommes là. La deuxième est que l’alimentation est une question personnelle. Notre rapport à l’alimentation est vécu comme viscéral, en lien plus ou moins conscient, et plus ou moins direct, avec notre histoire, et nos propres rapports à notre corps, à la vie, à la mort, à l’amour, à nos angoisses, à notre éducation, à nos souvenirs, etc; bref, la question de l’alimentation est propre à chacun de nous. Enfin, la troisième vient du fait que faire un choix différent, quel qu’il soit d’ailleurs, renvoie à l’autre que ce n’est pas le sien, et du fait, le questionne. Alors quand il s’agit de remettre en cause une habitude telle que manger de la viande, largement établie, acquise par sa propre éducation, et transmise depuis des siècles, bin ça peut coincer. « Quoi?! On m’a menti depuis tout ce temps ?! » S’est exclamé mon petit cousin en apprenant la supercherie du père Noël !

Comprendre les blessures de l’autre

Persuadée que, derrière ces quelques taquineries inconfortablement subies, se cachent certaines blessures chez mon interlocuteur, j’aimerais vous proposer d’imaginer ce qu’un simple « Je suis végétarienne » peut renvoyer chez l’autre.

En effet, l’annonce d’un tel choix, renvoie à mon interlocuteur par défaut, le choix qu’il ne fait pas. Et s’il est mal à l’aise avec sa propre conscience sur ce propos, ça coince. Il semble alors passer par un filtre, souvent inconscient, de jugement envers soi-même, et peut, de ce fait, se sentir nul, décevant, complexé. Mais comme souvent, c’est insupportable à vivre, il est plus facile de renvoyer à l’autre ce malaise, comme s’il ne le lui appartenait pas. L’interlocuteur préfère imaginer que le jugement vient de l’extérieur (« Ce n’est pas moi qui me juge moi-même, mais c’est elle »), et ressent donc le besoin de se rassurer soi-même (« Mais non, ce n’est pas moi qui suis nul, c’est forcément elle »), voire espère que je faille avec lui (« Allez viens, si tu te sens nul aussi, je me sentirai moins complexé »). De la sorte, en réponse à un simple « je suis végétarienne », certains rétorqueront des propos disproportionnés, comme: « -Ouais mais tu vois, moi ça m’énerve les végétariens qui jugent, comme si manger de la viande faisait de moi un criminel », ou « -Mais c’est carrément n’importe quoi ! Les vaches sont soulagées quand on récupère leur lait, et puis faut manger de saison déjà, et d’ailleurs, l’écolo de service, t’utilise bien de l’essence dans ta voiture, non ?! Et est ce que tu tries les bouchons ? », voire même « -Bin moi je vais aller me régaler comme jamais au Macdo ! Je t’enverrai un snap de mon double burger, je suis sûr de te faire saliver, petite frustrée que tu dois être! ». 

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Moi aussi, je suis passée par là…

Je ne sais absolument pas comment finir ce post sans passer pour une moralisatrice condescendante. J’aimerais surtout n’offenser personne, encore une fois. Je comprends qu’un choix extérieur, comme celui-ci, peut renvoyer à celui qu’on ne fait pas, et qu’il est, dans ce cas, toujours bien plus confortable d’envoyer à l’autre un petit tacle plutôt que d’envisager un petit retour sur soi. Parfois, il nous est trop violent d’imaginer que cela puisse venir de nous-même. Moi-même, je me rappelle très bien m’être suis sentie blessée par un article qui s’appelait « Pourquoi les véganes sont des gens (super) cool » alors que je n’étais pas encore végétarienne. J’y avais même laissé un petit commentaire un peu amère, et je m’étais jetée sur ma cuisse de poulet, avec la peau grillée qui plus est. Puis, je me suis posée la question « Mais AU FOND, pourquoi cet article m’a mise mal à l’aise ? Franchement Pauline, de toi à toi, contre QUI es tu réellement agacée ? » Et j’ai compris que le problème venait de moi. C’était contre moi-même que j’étais énervée. En effet, je commençais à me poser de plus en plus de questions à ce sujet, et au fond, je me retrouvais tout à fait dans les raisons des végétariens, mais je ne trouvais pas encore le courage de passer le cap. Alors que mon éthique était de plus en plus en décalage avec mon alimentation, ce malaise grandissait en moi. Et quand, des gens pour qui ce choix semble si facile se la moussent un peu, c’en était trop pour moi. Inconsciemment, je sais que j’enviais ces gens-là et peut être le courage de leur choix. Je me sentais exclue, honteuse et nulle par dessus le marché. D’ailleurs, depuis que je suis devenue végétarienne, mon regard sur cet article a beaucoup changé. Je me sens plus apaisée, plus en phase avec moi-même peut être.

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Conclusion

Donc, au final, chacun fait comme il veut et surtout comme il peut, avec ce qu’il est, à cet instant-là de sa vie, avec ses propres convictions, et son propre parcours, mais ce qui est primordial d’imaginer, c’est que chacun essaie de faire de son mieux. Ainsi, si les choix des autres, quel qu’ils soient, génèrent en nous un malaise qu’on a envie de leur renvoyer en pleine face, c’est là qu’il est judicieux de faire un petit feedback en se posant les bonnes questions. Vous savez, celles qu’on aimerait bien étouffer sous un oreiller mais qui nous font avancer ^^

monsieur-parfait

Pour aller plus loin :

Pour compléter ce post, je vous propose un super article d’Antigonexxi qui me parle beaucoup, et qui s’appelle: « Faut-il être parfait pour être engagé?« 

[Vive la vie, les amis et les spaghettis !]

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Un commentaire sur “Le complexe de la Parfait’titude

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