Il y a des jours comme ça...·Questions de société

Greenwashing, t’es mort !

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Non mais franchement, au bout d’un moment, il va falloir arrêter une bonne fois pour toutes de nous prendre pour des jambons (et vous savez ce que j’en pense, moi, du jambon !). Pas vrai, les copains & copines ? On veut bien être sympa, consommer du mieux qu’on pense, mais il ne faut pas en abuser. Alors, à ceux qui ne connaissent pas encore le greenwashing, je me propose de vous l’expliquer, afin de ne plus se laisser berner.

Le greenwashing, qu’est-ce que c’est ?

Le greenwashing se traduit par « blanchiment écologique » ; Il s’agit d’un procédé marketing utilisé pour une entreprise ou un produit, qui abuse d’un argument écologique afin de se donner une (fausse) bonne image soucieuse de l’environnement. D’ailleurs, en général, l’argent est davantage investi dans ce procédé de communication que dans les réelles actions en faveur de l’environnement. Par exemple, il peut prendre la forme d’une publicité vantant les bienfaits écologiques d’un produit alors qu’ils sont minimes ou même inexistants. A l’échelle d’une grande multinationale, sa communication mettra le paquet pour reverdir son image en avançant un engagement bidon pour l’environnement, tandis que son activité sera des plus polluantes. A ce propos, les secteurs qui ont le plus souvent recours au greenwashing sont ceux de l’automobile, de l’informatique, des produits d’entretien, de l’énergie, et de l’agroalimentaire évidemment. En France, l’ADEME (l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) recense régulièrement les cas de greenwashing, tandis qu’aux Etats-Unis, il existe un outil qui permet de noter les publicités en fonction de leur recours au greenwashing.

Quelques flagrants délits de Greenwashing, parmi tant d’autres…

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Qu’il est joli ce vert prairie jusqu’au bouchon, cet arbre majestueux, ce bleu ciel, et cette police d’écriture aussi mignonne et légère qu’un papillon sortant de son cocon. Le lait d’amande douce quant à lui semble parfait pour les beaux yeux et la peau sensible de bébé. L’emballage vante son côté 100% recyclable, et sa composition biodégradable aux ingrédients actifs d’origine naturelle, et au parfum aux huiles essentielles. Franchement, une lessive comme ça ferait flancher plus d’un bio-converti, non ? Et pourtant, quand on y regarde de plus près: sa formule « qui répond à la norme OCDE 301 de biodégradabilité » ne représente en fait que le minimum légal, soit 60% du total de sa composition au bout de 28 jours. Il reste encore donc 40% de résidus toxiques, cadeau pour l’environnement. D’ailleurs, à propos des lessives, le site Bioalaune.com ajoute: « Si chaque foyer fait tourner sa machine à laver environ 5 fois par semaine, ce sont des milliards de litres d’eau à purifier via les stations d’épuration. Cependant, de nombreux tensio-actifs passent à travers les mailles du filet et se répandent dans les rivières avec les conséquences désastreuses que l’on peut imaginer sur la flore et la faune. » 

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Ok, là on se moque du monde, au sens propre comme au sens figuré. Effectivement, on peut « chercher » du pétrole sans trop de dommages, mais le forage, l’extraction, la raffinerie, et le transport qui suivent, on en parle ou pas? Parce que bon, niveau protection de l’environnement et des animaux, on a déjà vu mieux. Par ailleurs, le site acteurdurable.com précise: « l’affiche publicitaire montre un tétrodon ou poisson-coffre qui ne vit que dans des zones tropicales en bas fonds coralliens. Aucun forage de pétrole ne se trouve dans un tel lieu géographique. C’est donc une photomontage. » Enfin, le slogan « Pour vous, notre énergie est inépuisable », (et pour notre planète ?!) je le prends personnellement comme une provocation, une blague même pas drôle, une crotte de nez au visage.

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Ah le fameux. Notre fast-food favori s’est refait un petit ravalement de façade, il a abandonné son rouge impérial, tape à l’œil, et passé de mode pour adopter un joli vert brocolis, plus sobre et plus classe, laissant penser à un engagement écologique latent. Mais détrompons-nous car, malgré ses efforts certes,(contrairement à ses homologues Quick, KFC, etc.) tels que la revalorisation de ses huiles de friture en biodiesel, ses économisateurs d’eau et d’énergie, et ses emballages recyclables, Macdo reste malgré tout un symbole de mondialisation, de consumérisme insouciant, et surtout de malbouffe standardisée issue d’une agriculture conventionnelle qui salit et ruine la planète et d’un élevage intensif, responsable de 14,5% des émission de gaz à effet de serre et 80% de la déforestation amazonienne. renault-eco-2

Quand les voitures semblent ne pas polluer davantage qu’un voilier… Le parallèle est parfaitement travaillé: d’un côté le bleu profond de l’océan, de l’autre le vert plancher des vaches, une voiture toute propre ne laissant pas plus de traces sur son passage qu’un voilier se laissant porter par le vent. Ne serait-ce pas un peu gros là tout de même ? Déjà, il est bon de savoir que le qualificatif « Eco² » n’est en rien un label garant d’un quelconque engagement écologique mais seulement un visuel de gamme de la marque Renault. jeep-grand-cherokeeAdmettons ensuite que la Renault Twingo arrive en 4ème position des voitures diesel rejetant le moins de CO², il n’en est pas moins que les émissions de particules fines et d’oxydes d’azote, (surtout pour les voitures diesel) restent très polluantes, et dangereuses pour la santé.

A ce propos, toujours dans la série « Plus c’est gros, plus ça passe », sa camarade de marque Audi a osé, droite dans ses bottes, afficher ce slogan: « Difficultés respiratoires, hyper réactivité des bronches, bronchiolites infantiles, on continue à ne rien faire ou on se décide à agir? » afin de promouvoir son nouveau 4X4 Q7. Hallucinant. Et puis cette pub ci-côté dans laquelle la Jeep semble faire partie intégrante de la nature, nous renvoyant l’image de l’homme viril, chasseur et aventurier … au volant de son 4X4 des plus polluants.

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Alors là, c’est le pompon. La montagne enneigée, les jolies fleurs, le blondinet en pyjama dans son parc, tout est réuni pour jouer sur la fibre affective, et tant pis si les éléments n’ont pas de lien entre eux (Franchement, un gamin en pyjama dehors alors qu’il y a de la neige, enfermé dans un parc sans jouet, ça ne choque personne?). Le slogan sous entend largement que Leroy Merlin met le paquet sur les produits respectueux de l’environnement. Sauf que dans la réalité, pas tant que ça, voire presque pas.

globe-tbsA en croire le logo de la marque, nul doute sur son engagement en faveur de l’environnement. Ah, si ?! Cette marque se dit soucieuse des tests sur les animaux (hum, hum, et depuis qu’elle est rachetée par l’Oréal?) et du commerce équitable. La composition de ses produits cosmétiques semble la plus naturelle qui soit au vu du packaging prometteur, petites fleurs et brins d’herbe. Mais quand on regarde de plus près l’étiquette, on peut y voir des trucs pétrochimiques pas terribles, tels que des parabens, des PEG (fabriqués à partir d’un gaz très toxique), des allergènes, etc.

Quelques conseils pour apprendre à se méfier du greenwashing

Le visuel. Un packaging en carton recyclable, sur lequel sont dessinés des petits brins d’herbe, des jolies feuilles ou un ciel sans nuage; avec un slogan qui semble en faire des caisses en utilisant les mots « vert », « éco », et « naturel » à tout-va, bin déjà ça sent le greenwashing à plein nez. Il est important de garder à l’esprit la portée écologique globale d’un produit et non pas se focaliser uniquement sur un de ses aspects. Par exemple : un emballage recyclé c’est bien, mais quand il s’agit d’un produit dont la composition a des répercutions néfastes sur l’environnement d’une manière générale, non merci.

Se méfier de certaines marques. Il y a des marques qui sont reconnues comme greenwashinguées, notamment parmi celles des cosmétiques telles que Nuxe, Yves Rocher, Nectar of Nature, L’Occitane, Caudalie, Timotei Pure, The Body Shop, Le Petit Marseillais, Le Petit Olivier, Garnier, Klorane, Nivea Pure & Natural, etc.

Se fier aux labels reconnus. Je vous transmets ici un guide de déchiffrage des labels, proposé par le site ecoconso.

Regarder de plus près la composition. Dans un premier, est-elle complètement visible ? Si non, elle est sûrement trop secrète pour être bien nette. Ensuite, certains produits vont se vanter « 0% paraben, 0% colorants, 0% trucmuches,… » mais par quoi sont-ils remplacés? Egalement, certains produits avanceront l’utilisation d’un composant « naturel » ou « recyclé », mais quelle est réellement sa part dans la composition globale du produit ? (Exemple: la pub Energizer qui vante longuement une composition en matière recyclée de ses piles… Ce qui en fait ne représente que 4% de leur composition globale). Et puis, pendant que nous sommes penchés sur l’étiquette, n’hésitons pas à repérer les cochonneries (je vous transmets un petit guide du site ecoconso pour vous aider à les repérer : ici). Enfin, rien de mieux pour éviter le greenwashing concernant les produits d’entretien ou cosmétiques que de se tourner vers des produits bio, bruts et naturels, que ce soit pour une utilisation simple ou pour fabriquer ses propres produits. (cf mes articles tels que: Déodorant solide maisonDentifrice solide maisonBeurre corporel maisonBaume à lèvres maisonSpray coiffant maison, etc.)

Dénoncer. L’Observatoire Citoyen du Greenwashing vous est ouvert pour dénoncer les publicités qui éco-blanchissent les produits, n’hésitez donc pas les copains & copines:  ici.

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[Vive la planète et les produits honnêtes !]

[Si l’envie vous en dit, n’hésitez pas à partager le blog 🙂 A très vite les copains & copines! ]

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3 commentaires sur “Greenwashing, t’es mort !

  1. Bonjour, Merci d’avoir relayé nos contenus. Ça fait plaisir, surtout de la part d’une blogueuse qui fait du bon boulot. N’hésitez pas à nous laisser votre adresse email que nous puissions vous tenir au courant nous aussi de nos campagnes et actions plus importantes.
    À adresser à sgrofils@ecoconso.be
    Merci et au plaisir,
    Stéphanie d’écoconso

    J'aime

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