Ethique, Ethique, Santé & Régalades

Tu veux que je t’aide à couper ta viande ?

steak conditions elevage

Les copains, les copines, c’est la nouvelle année tout ça, et en plus vous êtes sympas. J’aurais aimé vous préserver encore un peu, et continuer de vous amuser autour de sujets légers, mais l’heure n’est plus à la rigolade. Je n’arrive plus à garder ces informations pour moi ni taire ma colère grandissante. Il est donc temps de vous sachiez, comme moi la vérité… Sur ce qu’il se passe derrière une tranche de jambon, un steak, un yaourt, un œuf, ou une cuisse de poulet. Et autant vous dire que la réalité est EXTRÊME-MENT moins glamour que nos jolies publicités. Car, 95% de ces animaux qui finissent dans nos assiettes n’ont pas connu la douceur de l’herbe, les tendres caresses des éleveurs ni même la couleur du ciel. Ils n’ont pas connu non plus le bonheur, l’amour, la liberté, la dignité, le respect, ni la considération.

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Quelles sont les réalités des conditions d’élevage ?

Consommer, c’est cautionner; manger c’est donc choisir, ça, je ne manque jamais une occasion pour le dire. Encore faut-il avoir les vraies informations pour choisir en toute connaissance de cause, voire en toute conscience. Et c’est là, les copains que je me permets d’intervenir ici, si vous me le permettez. (Vous ferez ensuite ce que vous voudrez de ces informations, bien évidemment.) En cela, j’aimerais vous raconter la vie type des animaux destinés à finir dans nos assiettes. Les informations suivantes sont issues du livre No steak, du journaliste Aymeric Caron, (2013, à partir de la p. 104).

La vie d’une vache…

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« Première chose simple à comprendre : Pour fournir du lait, une vache laitière doit avoir un veau. Elle est donc inséminée (artificiellement) une première fois, lorsqu’elle a un peu plus d’un an. La gestation dure neuf mois. Quand le veau naît, il est retiré à sa mère au bout d’un jour ou deux, ce qui représente une expérience traumatisante : la vache ne supporte pas la séparation d’avec son petit et meugle parfois des jours durant pour le réclamer (il faut dire que dans la nature, un veau peut téter sa mère jusqu’à huit mois). Le veau enlevé à sa mère sera nourri avec des substituts, tandis que le lait sera récupéré pour nous, les humains. (Logique, non?!). La vache sera de nouveau fécondée trois mois après chaque vêlage. Elle est également traite pendant sa grossesse, hormis les deux derniers mois.Elle produit ainsi du lait pendant dix mois, soit une moyenne de 4000 à 8000 L par an. Le chiffre peut monter jusqu’à 12000 L pour certaines vaches Holstein. Il faut se rappeler qu’il y a 60 ans, une vache traite à la main donnait en moyenne 2000 L de lait. La surproduction imposée peut entraîner le développement de malformation du pis. Une vache a en moyenne trois à six veaux avant d’être « réformée », c’est-à-dire envoyée à l’abattoir pour finir en steaks. »

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« Et le veau, que devient-il entre-temps? Il est placé dans un box individuel, souvent sur le sol nu, sans litière, pour un période allant jusqu’à huit semaines. Au delà, la loi impose désormais que les veaux soient élevés en groupe. Au lieu de brouter l’herbe, le veau doit se contenter d’aliments liquides servis dans une poche en plastique. Comme les consommateurs préfèrent la viande rosée, presque blanche, les éleveurs évitent de nourrir les veaux avec du foin, car celui-ci contient du fer qui fait rougir la viande. La viande rosée est en fait, une viande anémiée. Les veaux de boucherie ne vivent pas plus de 5 mois. » 

La vie d’un cochon…

« Les truies chargées de faire des porcelets sont appelées des coches. Comme les vaches, elles sont inséminées artificiellement. Les coches sont maintenues 24h/24 dans des stalles de contention de moins d’un mètre de large, où elles ne peuvent pas bouger le temps de la gestation. Ces stalles sont répandues aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis. Depuis le 1er Janvier 2013, en vertu de la législation européenne, toutes les stalles existantes pour les truies doivent avoir été supprimées et les truies doivent être gardées en groupe au delà des 4 premières semaines de gestation. » Mais la France semble ne pas être en avance, bien au contraire selon l’association L214.

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« Les truies sont des animaux sociaux qui ne sont pas faits pour être isolés. Alors, sous l’effet du stress, elles passent une partie de leur temps à mâchonner leurs barreaux et ont parfis des gestes nerveux répétitifs. Le nombre moyen de portées par an est de 2,5. Il y a au moins 20% de pertes parmi les porcelets. Beaucoup d’entre eux meurent écrasés par leur mère, qui n’a pas assez de place pour bouger. Les truies sont souvent sous-alimentées, pour faire des économies. Elles sont réformées au bout de trois années de mise bas, et finissent dans des saucisses ou du pâté. La plupart d’entre elles sont littéralement traînées à l’abattoir, avec des treuils par exemple, parce qu’elles n’ont plus la force de marcher. » 

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« Les porcelets quant à eux, ont une existence qui commence dans la souffrance. Leur queue est coupée, leurs testicules enlevés, leurs dents limées, le tout sans aucune anesthésie évidemment. Les opérations se font dans les hurlements: la douleur des petits s’ajoute à la colère des mères. Au bout de 4 semaines […], les porcelets partent à l’engraissement. […] On trouve seulement des caillebotis, ces grillages de bois ou de plastiques qui présentent l’énorme avantage de laisser passer les déjections dans une grande fosse située en dessous de l’animal. Plus de paille à changer, donc entretien minimum -un simple coup de karcher de temps en temps. Et tant pis pour l’odeur nauséabonde, irritante, et l’air irrespirable. Et le manque de lumière. Et l’ennui toute la journée. Qui rend agressif. Chaque jour, des porcs meurent à cause de leurs conditions de « détention » avant le délai de 6 mois au bout duquel ils sont envoyés à l’abattoir. Six mois pour le cochon de viande, trois ans pour la truie reproductrice. Dans des conditions normales, un cochon peut vivre jusqu’à 20 ans. » Un peu comme nos chiens en fait…

La vie d’un poulet…

« Pour être précis sur la vie d’un poulet d’élevage intensif, il convient d’abord de distinguer les deux types d’élevage: poules pondeuses et poulet de chair. Ces deux catégories de poules sont issues de souches différentes : une souche à croissance rapide pour la viande, une souche à croissance plus lente et plus adaptée à une ponte abondante pour les œufs. »

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« Ces poules pondeuses vivent entassées à plusieurs dans des cages alignées à l’intérieur de hangars qui contiennent jusqu’à 100 000 oiseaux. Dans sa cage de batterie, chaque poule européenne disposait jusqu’en 2012 d’un espace correspondant à une feuille A4 (550cm²). Désormais, elle bénéficie officiellement d’un espace supplémentaire équivalent à… un post-it! Il va s’en dire que dans cette configuration, la poule ne peut rien faire d’autre se tenir debout sur ces pattes. Et de quelle manière: le sol est un grillage en pente. Les poules vivent dans des conditions de stress et de détresse psychologique et physique qui génèrent de la violence, et même du cannibalisme. […] Les poules vivent dans le noir (les hangars n’ont pas de fenêtre), mais des lumières électriques sont allumées régulièrement pour stimuler artificiellement la ponte, ce qui permet d’obtenir environ 300 œufs en une année soit deux fois plus que les races d’il y a 50 ans. Ce chiffre correspond aussi au total des œufs pondus dans une vie de poule: elle commence sont travail au bout de trois mois d’existence et elle est jetée à la poubelle, ou plus exactement envoyée à la réforme, au bout d’un an. Elle finit comme bouillon cube, viande pour chien ou chat, ou dans des raviolis. Compte tenu de leurs conditions de vie, les poules pondeuses sont en très mauvais état lorsqu’elles arrivent à l’abattoir (fractures, déboîtements d’aile et autres blessures) ce qui les rend impropres à la consommation directe. »

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« Passons aux poussins, maintenant. […] Dix minutes à peine après qu’ils soient sorti de leur coquille, ils sont arrachés à leur couvoirs et balancés sans le moindre ménagement dans un circuit fait de tapis roulants, de conduits, d’aspirateurs, et de trappes. Ils sont triés par « sexage ». Les femelles sont gardées pour devenir de futures poules pondeuses. Les mâles en revanche, ne sont pas intéressants, puisqu’une fois devenus coqs, ils ne peuvent ni pondre, ni être consommés, car ils sont issus d’une espèce qui ne se développe pas assez rapidement selon les standards de l’industrie. Ils sont donc tués, broyés ou gazés, à l’exeption de quelques chanceux (50 000) qui seront utilisés pour la reproduction. On estime à 50 millions le nombre de poussins tués à la naissance en France chaque année. » 

« La vie d’un poulet de chair est une vie express. Tout comme les veaux et les porcelets, ils ne connaissent qu’un lieu, une pièce dans laquelle ils sont déposés tout petits et qu’ils se quittent que pour rejoindre l’abattoir. Il s’agit d’un énorme hangar où les poussins sont déposés juste après leur naissance. Ils grandissent très vite, trop vite, et se retrouvent rapidement complètement entassés. Les poulets de chair que nous avons crées sont des espèces de monstre dont les os et les organes ne sont pas adaptés au poids des muscles, qui se développent beaucoup trop rapidement. Ils souffrent donc de problèmes pulmonaires ou osseux. Au bout d’une quarantaine de jours seulement (deux fois plus vite que les poulets bio) le poids recherché est atteint. Le produit est prêt. Direction abattoir. Une suspension par les pattes, une électrocution, et un égorgement. »

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Que pouvez-vous faire ?

* A l’instar du petit colibri qui dépose des petites gouttes d’eau sur une forêt en flammes, réalisez que vous, oui vous, qui lisez cet article, vous pouvez changer les choses, et non, vous n’êtes pas seuls. 

* Changer de regard sur ces animaux et reconnaître leur intelligence et leur sensibilité ( je vous renvoie à mes articles Copain comme cochon et Amour (de) vache).

* Ne plus cautionner, ne plus consommer pour ne plus soutenir l’exploitation ni la souffrance animales. J’aimerais avoir la sagesse de vous conseiller de seulement « en manger moins mais mieux » par crainte de vous culpabiliser, mais à ce sujet, plus j’en sais, plus je peine à nuancer, veuillez m’en excuser. En revanche, je peux vous garantir que se régaler sans viande est largement possible pour tout le monde. D’ailleurs, il existe des tas de blogs culinaires qui vous proposent de délicieuses recettes végétales (n’hésitez pas à aller faire un petit tour par ici, ou , ou encore par , voire même par ici). Je peux aussi d’une part, vous proposer ce site qui répertorie les adresses des restos végétariens de votre région, et d’autre part, vous renvoyer à mon article « Etre végét(ou)rien » qui vous explique ma démarche. Egalement, ce site répondra sûrement à toutes vos questions.

Soutenir les associations de protection animale, au courage souvent remarquable, œuvrant pour une pleine reconnaissance de la sensibilité des animaux et l’abolition de pratiques (élevages, abattoirs…). Le monde tend à changer grâce à elles, et je souhaite d’ailleurs mettre à l’honneur l’une d’entres elles aujourd’hui : la célèbre (&géniale) L214. Grâce aux dons, et à la dévotion de ses adhérents, l’association tient à rendre compte de la réalité des pratiques d’élevage et d’abattage intensif par des enquêtes filmées, des témoignages, et des études. Egalement, elle rassemble (Non, tu n’es pas seul !) et démontre les impacts négatifs d’une consommation carnée en proposant des alternatives, organise des sauvetages d’animaux, participe à des manifestations de toutes sortes, et encourage le débat public. Les photos qui illustrent cet article sont d’ailleurs extraites de leur site.

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* Transmettre le message … Il paraît que nous ne sommes qu’à 6 poignées de main du pape. Autrement dit, vous êtes à 6 degrés de séparation de n’importe quel être humain dans le monde. Alors si chacun transmet le message à toutes les personnes qu’il connaît, qui elles-mêmes le transmettent à toutes celles qu’elles connaissent, et ainsi de suite, le message aura fait le tour du monde très vite. Et nos régimes alimentaires seront enfin de vrais choix et non plus des choix par désinformation.

Alors, je compte sur vous les copains ! (Et les animaux aussi ^^)

Pour aller plus loin :

Et rendre compte de la réalité en vidéo, c’est iciiciou même iciou encore làlà aussi, et si vous en avez encore la force iciet là…

mouton-agneaux

[A tous les copains et copines qui cherchent de bonnes résolutions pour 2017… ;)]

Vive la Vie, et vive les brocolis.

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4 thoughts on “Tu veux que je t’aide à couper ta viande ?”

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